À Mayotte, la campagne des municipales des 15 et 22 mars 2026 se déroule dans un climat politique singulier : les partis nationaux et locaux sont très peu visibles, et la majorité des candidats choisissent de se présenter sans étiquette. Sur 94 listes recensées à ce jour, 71 se déclarent “sans étiquette” ou sous forme de listes d’union, soit environ trois quarts des candidatures.

Dans les faits, les logos des grandes formations hexagonales disparaissent presque totalement du paysage électoral local : LR, RN, LFI, Renaissance, MoDem ou PS sont quasi absents des supports de campagne. Même les partis mahorais, comme le MDM, ne dominent pas l’affichage.

Quelques chiffres illustrent cette marginalisation : aucune liste officiellement affiliée au parti présidentiel n’est recensée à Mayotte, tandis que le Parti socialiste ne présente qu’un seul candidat, à Bandraboua, considéré comme son bastion local. Les deux formations les plus présentes restent le Mouvement pour le développement de Mayotte (10 candidatures) et Les Républicains (11 candidatures) sur les 17 communes.

Ce phénomène n’est pas nouveau : en 2020, au second tour, 71% des listes étaient déjà sans étiquette (33 sur 46). Autrement dit, la “départisation” de façade est une constante mahoraise.

Mais cette discrétion ne signifie pas disparition de l’influence partisane. Le papier souligne que les divisions internes aux partis alimentent la multiplication des candidatures concurrentes, et qu’une fois élus, de nombreux candidats “indépendants” finissent par se rattacher à leur famille politique d’origine. Les formations restent donc actives, mais souvent en coulisses, via des soutiens et réseaux discrets plutôt qu’une investiture affichée.

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