À quelques jours du premier tour des élections municipales, la campagne électorale se joue aussi sur les réseaux sociaux dans l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Facebook y demeure l’outil privilégié des candidats, tandis que les formats vidéo courts et l’intelligence artificielle commencent timidement à s’inviter dans la communication politique locale.
Dans ce territoire où la population est globalement plus âgée, Facebook reste largement dominant, loin devant TikTok ou Instagram. Les candidats l’utilisent pour diffuser leurs messages, présenter leurs équipes ou encore recruter des colistiers. La liste Ensemble pour Construire, menée par Martin Detcheverry, s’est par exemple essayée au format des « reels » avec une courte vidéo destinée à encourager les habitants à rejoindre l’aventure municipale. La publication, d’une vingtaine de secondes, a déjà été vue plus de 16 000 fois.
Le maire sortant de Miquelon-Langlade, Franck Detcheverry, candidat à sa réélection avec la liste L’action continue à Miquelon-Langlade, s’appuie lui aussi largement sur Facebook pour communiquer. Dans une petite commune où tout le monde se connaît, les réseaux sociaux complètent toutefois le contact direct avec les habitants et les permanences publiques.
L’IA s’invite dans la communication politique
La campagne municipale voit également apparaître de nouveaux outils numériques. Certains candidats utilisent désormais l’intelligence artificielle générative pour créer des visuels, concevoir des logos ou faciliter la rédaction de publications. Un colistier de Franck Detcheverry a par exemple utilisé l’IA pour réaliser le logotype de campagne et illustrer certaines annonces.
Pour ces équipes, ces technologies permettent de gagner du temps et de réduire les coûts de communication, même si elles ne remplacent pas le travail de terrain auprès des électeurs.
À Saint-Pierre, la liste Gardons le Cap !, conduite par le maire sortant Yannick Cambray, mise plutôt sur des photographies soignées et des publications montrant les coulisses des réunions de travail. L’équipe a en revanche choisi de ne pas utiliser d’images générées par l’IA, estimant que cela pourrait nuire à l’authenticité du message politique.
Un terrain de campagne encadré par la loi
Si les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans la communication électorale, leur utilisation est désormais strictement encadrée par le droit électoral. Depuis des décisions du Conseil d’État rendues en 2021, certaines pratiques (comme la promotion payante de publications) peuvent être assimilées à de la publicité commerciale et entraîner l’annulation d’un scrutin.
Les candidats doivent également veiller à ne pas utiliser les comptes officiels d’une collectivité pour promouvoir leur campagne, afin de garantir l’égalité entre les listes.
Dans l’archipel, les candidats notent toutefois un climat relativement apaisé sur les réseaux sociaux. Les échanges restent globalement respectueux, loin des polémiques virulentes que l’on observe parfois ailleurs, un phénomène souvent attribué à la petite taille du territoire et à la proximité entre les habitants.




