Candidate aux élections municipales de 2026 à Mamoudzou, Munia Dinouraini a exposé les grandes lignes de son projet dans l’émission Zakweli. En rupture avec son ancien camp, elle mise sur la reconstruction, l’éducation et une gestion budgétaire stricte pour répondre aux défis d’une commune lourdement endettée et confrontée à une crise urbaine profonde.
Longtemps affiliée au Mouvement pour le développement de Mayotte, Munia Dinouraini a créé la surprise en lançant sa propre formation, baptisée Résilience Mamoudzou. Une décision qu’elle justifie par la nécessité, selon elle, d’un véritable changement de cap politique après les événements récents qui ont fragilisé la commune. Elle estime que l’équipe municipale sortante ne permettait pas d’incarner une alternance crédible et affirme vouloir rester fidèle à ses convictions tout en proposant une nouvelle méthode de gouvernance.
Reconstruire, éduquer et rétablir l’ordre urbain
Au cœur de son programme, la candidate place la reconstruction des quartiers et l’éducation. Elle revendique une action de terrain, au plus près des habitants, avec pour priorité la création de nouvelles salles de classe afin de répondre à la pression démographique. Munia Dinouraini se présente comme une future maire bâtisseuse, souhaitant accompagner la jeunesse et offrir des perspectives à une population souvent livrée à elle-même dans des quartiers sous-équipés.
La question du logement occupe également une place centrale dans son discours. Elle affiche l’objectif de construire cinq cents logements sociaux par an, notamment dans les zones en hauteur, afin d’améliorer les conditions de vie et de lutter contre l’habitat indigne. Une ambition qui répond à une réalité incontestable à Mamoudzou, où l’urbanisation anarchique et l’insalubrité alimentent l’insécurité et les tensions sociales.
Austérité budgétaire et recherche de financements extérieurs
Reste la question cruciale du financement, dans une commune dont la situation financière est largement dégradée. Munia Dinouraini assume un discours de rigueur, évoquant une gestion austère et disciplinée des finances locales. Elle entend s’appuyer sur des financements extérieurs, en particulier les fonds européens et les dispositifs de la Banque des territoires, afin de relancer l’investissement sans aggraver l’endettement communal.
Dans une campagne municipale déjà marquée par une multiplication des candidatures, Munia Dinouraini devra convaincre qu’elle incarne à la fois le renouveau politique et la capacité à rétablir l’autorité, l’ordre urbain et la crédibilité financière de Mamoudzou. Dans un territoire français confronté à des défis hors norme, la reconstruction ne pourra se faire que sur la base d’une gestion ferme, responsable et pleinement inscrite dans le cadre républicain.




