À l’approche du premier tour des élections municipales, le paysage politique commence à se clarifier à Saint-Pierre-et-Miquelon. Deux candidatures sont désormais officiellement déclarées à Saint-Pierre, tandis qu’à Miquelon, le maire sortant est pour l’heure le seul à s’être positionné. En toile de fond, une question centrale : faut-il poursuivre les grands projets engagés ou changer de cap ?
À Saint-Pierre, le maire sortant Yannick Cambray a confirmé dès l’automne sa volonté de briguer un second mandat. À la tête de la liste Cap sur l’Avenir, il s’appuie sur une partie de l’équipe municipale en place depuis six ans et défend un bilan axé sur la continuité de l’action publique. Face à lui, une liste d’opposition s’est officiellement déclarée la semaine dernière. Privée de son chef de file initialement pressenti, la liste Ensemble pour Construire sera conduite par Martin Detcheverry, qui revendique une démarche de rassemblement et une vision tournée vers « la ville de demain ».
Continuité des projets pour les équipes sortantes
Pour les maires sortants, la priorité affichée reste la poursuite des chantiers déjà lancés. À Miquelon, Franck Detcheverry, qui avait initialement annoncé ne vouloir effectuer qu’un seul mandat, a finalement décidé de se représenter. Il justifie ce choix par l’ampleur des projets engagés par la commune, dont certains n’en sont qu’à leurs premières étapes. La création de logements en co-living, la mise en service du cinéma communal et surtout le développement du nouveau village figurent parmi les dossiers structurants, appelés à s’inscrire dans le temps long.
À Saint-Pierre également, la majorité sortante met en avant la nécessité de mener à terme plusieurs projets jugés essentiels pour le territoire. Parmi eux, la future résidence seniors, la modernisation des réseaux d’assainissement du port et la gestion du volet déchets. Autant de dossiers lourds, nécessitant stabilité politique et cohérence budgétaire selon l’équipe en place.
Budget, environnement et qualité de vie au centre des critiques
Du côté de l’opposition, le discours se veut plus critique. La liste Ensemble pour Construire insiste sur les enjeux environnementaux et la qualité de vie, tout en pointant un budget communal qu’elle estime déséquilibré. Pour Martin Detcheverry, le budget doit redevenir un outil au service d’une politique claire, permettant de porter des projets sans fragiliser les finances de la collectivité.
Si la confrontation est désormais actée à Saint-Pierre, la situation reste plus ouverte à Miquelon. Des rumeurs évoquent la possible émergence d’une candidature d’opposition, sans qu’aucune annonce officielle n’ait encore été faite. Le calendrier électoral laisse encore quelques semaines de suspense : la date limite de dépôt des candidatures est fixée au 26 février.
Dans un archipel où les équilibres sont fragiles et les investissements structurants, ces municipales s’annoncent comme un choix déterminant entre continuité et alternative, avec en toile de fond l’exigence de gestion rigoureuse, de stabilité institutionnelle et de développement durable au service de la population.




