À l’approche des élections municipales prévues les 15 et 22 mars, le paysage politique local en Nouvelle-Calédonie reste largement dominé par les hommes. Sur les 33 communes du territoire, seules huit sont aujourd’hui dirigées par des femmes, un déséquilibre qui illustre encore la faible présence féminine à la tête des exécutifs municipaux.

Parmi ces maires figurent Maryline Sinewami à Maré, Henriette Tidjine-Hmae à Poum et Evelyne Goro-Atu à Poya dans les provinces Nord et des Îles. Dans la province Sud, Florence Rolland dirige la commune de La Foa, tandis que Prisca Holero est maire de Sarraméa, Maryline D’Arcangelo de Païa, Sonia Lagarde de Nouméa et Elizabeth Rivière du Mont-Dore.

Ce chiffre représente toutefois une progression par rapport au début du mandat municipal actuel. À l’issue des élections de 2020, seules cinq femmes occupaient un poste de maire. Trois autres ont été élues en cours de mandat, à la suite de changements intervenus dans certaines communes entre 2022 et 2025.

Des équilibres politiques marqués par la question institutionnelle

En Nouvelle-Calédonie, la vie politique locale reste fortement structurée autour du débat entre indépendantistes et loyalistes. Dans la majorité des cas, les communes dirigées par des équipes indépendantistes votent également pour des listes proches de cette sensibilité lors des scrutins provinciaux, tandis que les communes loyalistes confirment ce choix politique au niveau municipal.

Certaines communes font toutefois figure d’exception. Kouaoua, l’île des Pins et Moindou, par exemple, avaient soutenu des formations indépendantistes lors des élections provinciales de 2019, mais ont porté des maires loyalistes à la tête de leur municipalité.

D’autres communes, comme Kaala-Gomen, Pouembout ou Yaté, sont dirigées par des élus sans étiquette politique clairement affichée, illustrant une réalité locale parfois plus nuancée que les clivages institutionnels.

Un cumul de fonctions fréquent chez les élus

Autre caractéristique du paysage municipal calédonien : le cumul de mandats reste largement répandu. Huit maires exercent simultanément d’autres responsabilités au sein des institutions du territoire, notamment au Congrès, dans les assemblées provinciales ou encore au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Contrairement à la métropole, aucune règle spécifique n’interdit ce cumul pour les élus locaux calédoniens. Seuls les parlementaires sont soumis à une interdiction de cumuler certaines fonctions exécutives locales.

Ainsi, lors de la précédente mandature, certains responsables avaient dû abandonner leur mandat municipal après leur élection au Parlement français. Ce fut notamment le cas de Robert Xowie après son entrée au Sénat, ou encore de Nicolas Metzdorf lorsqu’il est devenu député en 2022.

À quelques jours du scrutin municipal, ces équilibres politiques et institutionnels devraient une nouvelle fois jouer un rôle déterminant dans la recomposition des exécutifs communaux du territoire.

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