Après plusieurs années de fuite, Joël Soudron, figure majeure du narcotrafic entre les Antilles et l’Hexagone, a été interpellé au Panama. Âgé de 46 ans, ce Guadeloupéen faisait partie des criminels français les plus recherchés. Une procédure d’extradition est désormais en cours, en vue de son jugement à Paris dès le mois de juin 2026.
Un trafic tentaculaire et des méthodes sophistiquées
L’homme avait réussi à échapper aux autorités internationales en multipliant les identités et les faux passeports. Sa cavale avait débuté en décembre 2018, après une évasion lors d’une permission de sortie alors qu’il était déjà incarcéré pour une autre affaire liée aux stupéfiants. Sa traque s’est finalement achevée en Amérique centrale.
Joël Soudron est soupçonné d’avoir dirigé un vaste réseau de trafic de cocaïne entre la Guadeloupe et la métropole. L’affaire avait éclaté en 2011 après la saisie de 231 kilos de cocaïne au port du Havre, puis de 272 kilos supplémentaires en Guadeloupe. Les enquêteurs estiment que plusieurs dizaines de convois ont été organisés sur plusieurs années.
Les investigations ont mis en lumière des méthodes particulièrement élaborées, notamment l’utilisation de sociétés écrans et de prête-noms pour dissimuler les flux financiers. Les profits, estimés à plusieurs dizaines de millions d’euros, auraient été réinvestis dans l’économie légale, notamment en Afrique de l’Ouest, dans des secteurs variés comme l’immobilier ou l’événementiel.
Déjà condamné dans une précédente affaire, Joël Soudron devra répondre de multiples chefs d’accusation, dont trafic de stupéfiants, blanchiment, détention d’armes et association de malfaiteurs. Huit autres personnes seront également jugées dans ce dossier.
Cette arrestation marque une avancée majeure dans la lutte contre les réseaux internationaux de drogue. Elle rappelle la détermination des autorités françaises à poursuivre ces trafiquants jusqu’à leur arrestation, où qu’ils se trouvent, et à démanteler des organisations criminelles qui fragilisent durablement les territoires ultramarins et l’économie nationale.



