Après le drame du Maroni, la réponse judiciaire s’accélère. Une information judiciaire a été ouverte à la suite du naufrage survenu face à Grand-Santi, qui a coûté la vie à quatre enseignants. Le piroguier, placé en garde à vue pendant près de 48 heures, a été transféré sous escorte en hélicoptère vers Cayenne, où il doit être présenté à un juge d’instruction.

Les faits se sont produits au petit matin, alors qu’une pirogue transportant six enseignants en poste à Grand-Santi et le piroguier a commencé à prendre l’eau avant de couler. Deux enseignants ainsi que le conducteur de l’embarcation ont survécu, après avoir été secourus puis déposés dans un premier temps sur la rive surinamaise, avant un retour à Grand-Santi et une prise en charge au dispensaire.

Les recherches, mobilisant d’importants moyens, ont permis de retrouver les corps des quatre autres passagers entre dimanche et lundi. L’émotion demeure très vive dans la commune, où le choc dépasse largement la seule communauté éducative.

Selon le parquet, aucun membre du groupe ne portait de gilet de sauvetage, alors même qu’un arrêté préfectoral impose le port de cet équipement sur les fleuves et criques. Les investigations portent donc sur d’éventuelles violations d’obligations de sécurité et de prudence.

L’information judiciaire vise notamment des faits d’« homicides involontaires » et de « mise en danger de la vie d’autrui » par violation délibérée d’obligations de sécurité. Le parquet a requis un placement sous contrôle judiciaire renforcé. Sur le terrain, la crise se traduit aussi par des conséquences immédiates : les écoles élémentaires resteront fermées jusqu’aux vacances de carnaval, tandis que le collège doit rouvrir dès mercredi.

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