Une femme de 33 ans a été condamnée après avoir introduit du cannabis au centre pénitentiaire du Camp-Est, à Nouméa. L’affaire a débuté le 30 septembre lorsqu’un détenu a été contrôlé avec huit grammes d’herbe après un passage au parloir. L’enquête a ensuite conduit à la saisie de 536 grammes de cannabis, de 80 000 francs CFP en espèces et de 87 sachets préparés pour la revente.
La concubine du détenu a été interpellée sur place. Selon le procureur de la République, Yves Dupas, elle a reconnu avoir introduit le cannabis dans l’établissement et avoir remis le pochon à son compagnon au cours de la visite.
Les investigations ont rapidement permis d’élargir le dossier. À son domicile, les enquêteurs ont découvert plus d’un demi-kilo d’herbe, conditionné pour la vente, ainsi qu’une somme d’argent liquide. La valeur globale de la saisie a été estimée à environ 435 000 francs CFP.
Un trafic reconnu sur plusieurs mois
Placée en garde à vue, la mise en cause a reconnu se livrer au trafic depuis le 28 février 2026. Les stupéfiants retrouvés avaient été préparés dans 87 sachets destinés à être revendus, ce qui montre que l’affaire dépassait largement la simple introduction occasionnelle de cannabis en prison.
Le produit provenait de Houaïlou, mais la trentenaire a refusé de donner davantage d’informations sur le lieu exact de culture et les conditions de préparation. Les enquêteurs disposent donc encore de zones d’ombre sur l’amont du trafic.
L’introduction de stupéfiants dans un établissement pénitentiaire constitue un problème particulièrement sérieux. Elle alimente des trafics internes, renforce les rapports de force entre détenus et complique le travail des personnels pénitentiaires chargés de maintenir l’ordre et la sécurité.
Une peine alourdie par la récidive
Compte tenu de ses antécédents et de son état de récidive légale, la prévenue a été présentée dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Elle a accepté une peine de douze mois de prison ferme avec incarcération immédiate.
Sa situation pénale porte toutefois l’exécution totale de ses peines à deux années d’emprisonnement ferme. Le parquet a ainsi retenu une réponse judiciaire lourde face à un trafic organisé et à une introduction de stupéfiants en milieu carcéral.
Le détenu bénéficiaire du cannabis devra de son côté répondre de détention non autorisée de stupéfiants et de recel de bien provenant d’un délit.
Cette affaire rappelle que la lutte contre les trafics ne s’arrête pas aux portes des prisons. Le contrôle des parloirs, les fouilles, les enquêtes financières et les saisies restent indispensables pour empêcher que les établissements pénitentiaires ne deviennent des points de redistribution de drogue.



