Le décret autorisant les policiers municipaux de Nouvelle-Calédonie à porter des armes létales ouvre une nouvelle étape pour les communes du territoire. À Nouméa, où la police municipale compte 225 agents, la mise en œuvre ne sera toutefois pas immédiate. Antoine Dongoc, directeur de la police municipale, annonce un déploiement progressif tout au long de l’année 2027, le temps de former les agents, d’obtenir les autorisations individuelles et de mettre en place les équipements nécessaires.
Jusqu’à présent, les policiers municipaux nouméens disposaient uniquement d’armes dites de force intermédiaire : lanceurs de balles de défense, pistolets à impulsion électrique, bâtons télescopiques et aérosols. La possibilité de recourir à des armes de poing était réclamée depuis les violences de mai 2024, au cours desquelles plusieurs agents avaient été confrontés à des tirs par arme à feu.
Des pistolets 9 mm, mais pas pour tous les agents
La Ville de Nouméa prévoit d’équiper une partie de ses policiers municipaux d’armes de poing chambrées en 9 mm. Tous les agents ne seront toutefois pas concernés. Certaines restrictions médicales pourront empêcher le port d’une arme, tandis que les fonctions exercées au sein des différents services seront également prises en compte.
La procédure sera strictement encadrée. Les maires qui souhaitent armer leurs policiers municipaux doivent d’abord obtenir l’autorisation du haut-commissaire. À Nouméa, cette demande a déjà été formulée. Chaque agent devra ensuite recevoir une autorisation individuelle par arrêté avant de pouvoir porter une arme létale dans l’exercice de ses fonctions.
Formation et armurerie avant le déploiement
La formation constituera l’une des étapes les plus longues. Les moniteurs de la police municipale doivent d’abord être formés au maniement des armes par la police nationale, avec un début de formation prévu à la fin de l’année 2026. Ils pourront ensuite assurer la formation des autres agents concernés. Le dispositif devra également intégrer les règles de sécurité, les conditions d’utilisation et le suivi régulier des personnels armés.
La Ville devra enfin investir dans l’achat des armes et dans une armurerie répondant aux normes fixées par les services de l’État. Antoine Dongoc évoque un coût de plusieurs dizaines de millions de francs CFP pour l’ensemble du dispositif. Des financements pourraient être recherchés, notamment auprès du Fonds interministériel de prévention de la délinquance.
Pour la municipalité, le calendrier restera donc progressif. Aucun basculement massif n’est prévu dans les prochaines semaines : les premiers équipements dépendront de l’avancée des formations, des autorisations et de la logistique. À Nouméa, l’année 2027 devrait ainsi être consacrée à une montée en puissance graduelle de l’armement létal de la police municipale.



