Quelques jours après une attaque grave au large de Nouméa, les autorités calédoniennes relancent une campagne d’abattage de requins. Une décision assumée au nom de la sécurité, mais qui ravive une vive polémique.

Une réponse immédiate après les incidents

La province Sud et la mairie de Nouméa ont annoncé le lancement d’une opération de régulation ciblée visant les requins tigres et bouledogues. Cette campagne, prévue jusqu’au 20 avril, intervient après deux incidents récents survenus dans le secteur de la Côte Blanche, dont l’attaque d’un rameur.

Objectif affiché : prévenir de nouveaux drames et sécuriser les zones fréquentées par les usagers du littoral.

En parallèle, des mesures de sécurité renforcées ont été mises en place. La baignade et les activités nautiques sont interdites sur une large bande littorale de 300 mètres, à l’exception de quelques zones encadrées.

La circulation maritime est égalemen restreinte dans le périmètre de l’opération, tandis que certains accès à la mer, comme celui de la Côte Blanche, sont temporairement fermés.

Ce type d’opération n’est pas inédit. Fin février, dix requins avaient déjà été abattus après une attaque mortelle. Entre 2019 et 2023, près de 200 squales ont été tués dans le cadre de campagnes similaires.

Mais ces pratiques ont été contestées en justice. Les tribunaux ont déjà jugé ces abattages disproportionnés, faute d’études scientifiques suffisantes sur leur efficacité et leurs impacts environnementaux.

Malgré ces critiques, les autorités locales persistent. Pour elles, la priorité reste la protection des vies humaines dans un contexte de multiplication des interactions entre requins et activités nautiques.

Cette nouvelle campagne illustre un dilemme récurrent en Nouvelle-Calédonie : comment concilier sécurité des usagers et préservation des écosystèmes marins.

Entre inquiétude des pratiquants et mobilisation des associations environnementales, le débat est loin d’être tranché.

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