Avec la nomination de Thierry de Greslan au poste inédit de directeur médical du centre hospitalier territorial Gaston-Bourret, le Médipôle de Nouvelle-Calédonie engage une réforme de fond de sa gouvernance. Neurologue de formation, fort d’une longue carrière hospitalière en métropole, le praticien assume une ambition claire : rompre avec un modèle administratif jugé trop éloigné du terrain et redonner aux soignants un rôle central dans les décisions stratégiques de l’hôpital.
Inspiré du concept anglo-saxon d’« hôpital magnétique », ce projet repose sur une idée simple mais exigeante : confier davantage de responsabilités aux médecins et aux équipes paramédicales, y compris sur les plans organisationnel et budgétaire. Pour Thierry de Greslan, il s’agit d’une réponse pragmatique à une crise de sens qui touche l’hôpital public, aggravée par les crises successives – sanitaire, sociale et sécuritaire – qu’a connues la Nouvelle-Calédonie. En responsabilisant les soignants, la direction entend rapprocher les décisions des besoins réels des patients.
Cette évolution se traduit déjà par des choix concrets : structuration de filières de soins, ouverture d’un service de neurochirurgie limitant les évacuations sanitaires coûteuses, et mise en place d’une gestion plus fine des ressources. Les premiers résultats sont là : une baisse significative des dépenses d’évasan et une amélioration de la prise en charge locale, sans renoncer aux exigences de qualité et de sécurité.
Dans un territoire où la solidarité nationale joue un rôle décisif dans le financement du système de santé, cette réforme rappelle une évidence souvent oubliée : l’efficacité des services publics passe autant par la responsabilité que par les moyens. En redonnant toute leur place aux professionnels du soin, le Médipôle tente de concilier rigueur budgétaire, attractivité médicale et intérêt général. Une expérience à suivre de près, tant elle pourrait inspirer bien au-delà du Pacifique.




