Nouvelle-Calédonie : ce que prévoit “l’accord de Kanaky” porté par le FLNKS

Le FLNKS, opposé à l’accord de Bougival et à son complément signé le 19 janvier, propose un texte alternatif : “l’accord de Kanaky”. Adopté lors de la convention de Waho à Yaté le 26 avril 2025, le document de dix pages, qu’à pu consulter NC la 1ere, vise l’accession à la pleine souveraineté, tout en maintenant un lien “particulier, rénové” avec la France.

Le mouvement indépendantiste présente ce texte comme un cadre de négociation avec l’État, mais aussi comme un plan de construction institutionnelle, destiné à fonder un futur État, à travers une assemblée constituante et une phase de transition.

Objectif central : la pleine souveraineté, avant toute “interdépendance”

Le point le plus structurant est clair : pour le FLNKS, l’indépendance doit être actée d’abord, et les modalités d’interdépendance (avec la France notamment) ne doivent être négociées qu’ensuite.

Le document s’inscrit, selon le mouvement, dans la continuité de Nainville-les-Roches, Matignon-Oudinot et Nouméa. Mais il vise explicitement un modèle proche de l’indépendance-association, avec une exigence préalable : “accéder à la pleine souveraineté”.

Une “République laïque, souveraine et solidaire”

Le texte pose les bases d’un futur État nommé “Kanaky-Nouvelle-Calédonie”, présenté comme une République :

démocratique, fondée sur la souveraineté du peuple,
avec participation citoyenne, égalité en droits et libertés,
alternance politique, transparence de la vie publique, responsabilité des gouvernants,
séparation des pouvoirs, État de droit, justice sociale.

Il est également précisé que ce futur État serait une “République laïque”, garantissant liberté de conscience et neutralité des institutions.

Sur l’identité, le texte donne une place centrale à la culture kanak : langues et culture kanak comme socle, tout en affirmant le respect des autres cultures participant au “vivre-ensemble”.

Un lien maintenu avec la France, mais sur une base d’égalité entre États

Contrairement à l’idée d’une rupture totale, l’accord prévoit un lien spécifique avec la France, pour des raisons historiques et culturelles, mais entre États souverains.

Le texte insiste aussi sur la nécessité de “solder le contentieux colonial”. Le FLNKS considère que l’accord de Nouméa, malgré des avancées (paix, rééquilibrage), n’a pas permis d’établir des relations réellement nouvelles. Il critique notamment :

la question foncière,
une “dérive” du système provincial, jugée défavorable à l’unité du pays.

Une phase de transition, puis une constitution soumise à référendum

Le projet prévoit une assemblée constituante, composée d’un large panel d’acteurs :

élus (Congrès, provinces, gouvernement),
sénateurs coutumiers, présidents d’aires,
CESE, maires, parlementaires.

Cette assemblée devra produire un projet de constitution avant la fin de la prochaine mandature. Ce texte constitutionnel, possiblement accompagné d’un traité d’interdépendance avec la France, serait ensuite soumis au vote des Calédoniens par référendum.

Pendant la transition, les institutions de l’accord de Nouméa seraient maintenues.

ONU et garanties internationales “contraignantes”

Le FLNKS demande enfin un cadre international fort, sous l’égide de l’ONU, afin d’éviter toute remise en cause du processus : aucune disposition ne pourrait être “révisée, suspendue ou interprétée” en dehors de ce cadre.

Sur le plan économique, le texte prévoit également un accompagnement de la France pour assurer la transition financière et permettre au nouvel État d’être viable budgétairement.

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