Le président du FLNKS, Christian Tein, a renouvelé le soutien du mouvement indépendantiste kanak aux revendications du Vanuatu sur les îles Matthew et Hunter, deux territoires disputés avec la France dans le Pacifique sud. Cette prise de position a été exprimée dans un entretien accordé au quotidien vanuatais Daily Post, en marge d’un déplacement à Port-Vila.

Le dirigeant indépendantiste estime que ce différend territorial serait plus simple à régler dans le cadre d’une Nouvelle-Calédonie indépendante. Il met en avant les liens historiques, culturels et mélanésiens entre les peuples kanak et vanuatais pour justifier cette position.

Un enjeu stratégique pour la France

Situées entre le Vanuatu et la Nouvelle-Calédonie, les îles inhabitées de Matthew et Hunter représentent moins d’un kilomètre carré chacune. Mais leur importance géopolitique est majeure puisqu’elles permettent à la France de contrôler une zone économique exclusive (ZEE) d’environ 350 000 km² dans le Pacifique.

Le Vanuatu revendique ces territoires depuis son indépendance en 1980. En 2009, le FLNKS avait déjà reconnu, via l’accord de Keamu, les liens coutumiers entre ces îles et le Vanuatu.

Allié historique de la cause indépendantiste kanak, le Vanuatu avait notamment soutenu la réinscription de la Nouvelle-Calédonie sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU en 1986.

Le déplacement de Christian Tein à Port-Vila a provoqué des tensions à Nouméa. Le gouvernement calédonien a dénoncé une initiative menée sans concertation officielle. En réaction, le membre du gouvernement chargé de l’économie, Christopher Gygès, a annoncé la suspension des discussions sur un projet d’accord de libre-échange entre la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu.

Privacy Preference Center