De retour de Paris après le sommet « Choose Outre-mer », Christopher Gygès défend une stratégie de relance de la Nouvelle-Calédonie fondée sur l’investissement, l’attractivité et la diversification économique. Le vice-président du gouvernement chargé notamment de l’économie et de la fiscalité met en avant plusieurs dispositifs annoncés à Paris, notamment un fonds d’investissement pour les entreprises, un soutien au tourisme et le développement d’un pôle de maintenance navale.
La Nouvelle-Calédonie faisait partie des territoires particulièrement mis en avant lors de la première édition de « Choose Outre-mer », organisée le 1er octobre à la Banque de France. La délégation calédonienne, conduite par Christopher Gygès, réunissait notamment des représentants des institutions, de la Chambre de commerce et d’industrie, du patronat et de plusieurs entreprises du territoire. L’objectif affiché était clair : restaurer l’image économique du Caillou et attirer des capitaux après plusieurs années de crises successives.
Pour le vice-président du gouvernement, l’un des principaux résultats du déplacement concerne le fonds à impact « Outre-mer One ». Sur les 4,2 milliards de francs CFP annoncés pour l’ensemble des Outre-mer, une enveloppe de 1,5 milliard serait réservée à la Nouvelle-Calédonie. Le dispositif doit prendre la forme d’apports en capital dans les entreprises, afin de renforcer leurs fonds propres et leur capacité à investir.
Tourisme et économie maritime au cœur de la diversification
Le tourisme constitue l’autre grande priorité. Une convention de 417 millions de francs CFP a été signée avec Atout France. Elle doit notamment permettre d’identifier les clientèles prioritaires, de mieux cibler les campagnes de promotion et d’accompagner les entreprises touristiques dans la rénovation ou le renouvellement de leurs équipements.
Cette orientation intervient alors que la fréquentation touristique tente encore de retrouver son niveau d’avant les crises récentes. Nouvelle-Calédonie Tourisme prévoit d’ailleurs une nouvelle campagne de promotion en métropole en novembre afin de transformer davantage l’intérêt pour la destination en réservations effectives.
Le gouvernement mise également sur l’économie maritime. Un projet de pôle de maintenance navale au Port autonome figure parmi les opérations soutenues. L’idée est d’utiliser les compétences industrielles déjà présentes sur le territoire, notamment celles issues de la métallurgie, pour développer une nouvelle filière capable de travailler aussi bien pour des navires civils que militaires.
Christopher Gygès estime que la Nouvelle-Calédonie dispose d’atouts particuliers dans ce domaine : du foncier disponible, des compétences industrielles et la présence permanente de bâtiments militaires français susceptibles de fournir une partie de l’activité nécessaire à l’équilibre économique du futur pôle.
Faire de l’attractivité un moteur de la reconstruction
Cette politique s’inscrit dans une stratégie plus large baptisée « Choose New Caledonia », centrée sur l’économie de la mer, le numérique et les ressources durables. L’objectif est de faire évoluer l’image d’un territoire longtemps très dépendant du nickel vers une économie davantage diversifiée et capable d’attirer investisseurs, entrepreneurs et nouveaux projets.
La question fiscale fait également partie de cette stratégie. Plusieurs mesures déjà annoncées dans le cadre du pacte de refondation visent à améliorer la capacité d’investissement des entreprises, notamment grâce à des dispositifs fiscaux destinés aux petites et moyennes structures.
Ces annonces ne constituent toutefois pas toutes des financements nouveaux. Christopher Gygès reconnaît lui-même qu’une partie des aides présentées à Paris s’inscrit déjà dans le pacte de refondation. Il souligne néanmoins qu’elles sont désormais clairement fléchées vers le développement économique.
Après les destructions de 2024, les difficultés du secteur du nickel et le recul de l’activité, le pari du gouvernement est donc de replacer l’investissement privé au centre de la reconstruction. La réussite de cette stratégie dépendra désormais de la concrétisation des projets annoncés, de la capacité des entreprises à mobiliser les dispositifs disponibles et du retour durable de la confiance des investisseurs.



