Trois pêcheurs ont été condamnés ce jeudi 12 février par le tribunal correctionnel de Nouméa pour avoir capturé des perroquets à bosse, espèce protégée depuis 2021 en province Sud. Les prévenus affirmaient ne pas savoir que ce poisson emblématique faisait l’objet d’une protection stricte. La justice a néanmoins retenu leur responsabilité et prononcé des sanctions financières ainsi que des travaux d’intérêt général.
Une espèce protégée et strictement encadrée
Contrôlés le 26 avril au large du Mont-Dore, deux pêcheurs quinquagénaires avaient enfreint à la fois l’interdiction de pêche de nuit, dépassé le quota autorisé de 15 kilos et capturé six perroquets à bosse. Ils ont expliqué avoir préparé une coutume de demande en mariage et assuré avoir ignoré le statut protégé de l’espèce, qui ne l’est pas dans les îles Loyauté. La province Sud, constituée partie civile, a dénoncé des faits « intolérables » de la part de pêcheurs expérimentés.
Le tribunal a condamné chacun des deux hommes à 100 heures de travaux d’intérêt général, à une amende de 20 000 francs et au versement de 100 000 francs de dommages et intérêts à la province. Un troisième pêcheur amateur, contrôlé en mai à Nouméa avec près de 80 kilos de poissons dont 10 perroquets à bosse, a également été sanctionné. Déjà condamné par le passé pour infraction au code de l’environnement, il devra s’acquitter de 350 000 francs, dont 200 000 francs au titre du préjudice.
La province Sud rappelle que seuls quatre professionnels sont autorisés à pêcher cette espèce, dans le cadre d’un suivi scientifique mené notamment avec la Communauté du Pacifique. Chaque individu capturé est pesé, mesuré et intégré à des études destinées à mieux connaître la maturité sexuelle de l’espèce, encore mal documentée localement.
Les autorités provinciales soulignent que près de 10 000 opérations de contrôle sont menées chaque année, avec un taux de sanctions limité à 1 à 2 pour cent des cas. En Nouvelle-Calédonie, la réglementation environnementale relève des provinces, ce qui implique des règles distinctes entre le Sud, le Nord et les îles Loyauté.
Ces condamnations rappellent que la protection des ressources marines est une priorité stratégique pour le territoire. Au-delà des usages coutumiers ou des habitudes locales, le respect des règles demeure essentiel pour préserver un patrimoine naturel fragile et garantir la pérennité des espèces emblématiques du lagon calédonien.




