Marie-Adèle Joredie, figure engagée dans la transmission des langues kanak et de la culture du pays, est décédée vendredi 6 mars à l’âge de 78 ans. Originaire de Canala, elle a consacré une grande partie de sa vie à l’enseignement et à la valorisation du xârâcùù, sa langue maternelle.

Mère de sept enfants, elle s’est très tôt investie dans la transmission linguistique et culturelle. Dans les années 1980, elle participe à la création des Écoles populaires kanak et enseigne alors le xârâcùù aux enfants de la commune de Canala, contribuant à préserver et à transmettre cette langue aux nouvelles générations.

Passionnée par la culture et le savoir, Marie-Adèle Joredie reprend ses études à l’âge adulte. Après avoir quitté l’école en classe de seconde, elle obtient finalement son baccalauréat à l’âge de 60 ans, illustrant sa détermination et son attachement à l’éducation.

Une vie consacrée à la transmission

Au fil des années, elle occupe plusieurs fonctions dans le domaine éducatif : institutrice, conseillère pédagogique puis directrice d’école. Elle intervient également à l’université pour partager ses connaissances sur les langues et la culture kanak.

Convaincue que la langue maternelle joue un rôle fondamental dans le développement des enfants et dans leur réussite scolaire, elle crée en 1999 les « Bb lectures », des ateliers destinés à initier les plus jeunes à leur langue d’origine.

Ces rencontres linguistiques et culturelles se poursuivaient encore récemment dans sa tribu de Gélima, à Canala, où elle continuait de transmettre son savoir avec la même passion.

Marie-Adèle Joredie sera inhumée dimanche 8 mars dans la tribu de Gélima. Avec sa disparition, la Nouvelle-Calédonie perd l’une de ses grandes passeuses de langue et de mémoire.

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