Le premier tour des élections municipales en Nouvelle-Calédonie a déjà livré plusieurs verdicts. Huit communes sur les 33 que compte l’archipel ont élu leur équipe municipale dès ce dimanche, tandis que la majorité des territoires devront départager les candidats lors d’un second tour.
Dans plusieurs communes importantes, les listes soutenues par l’Union calédonienne et le FLNKS réalisent une percée notable. À Lifou, Pierre Qaeze s’impose nettement avec 57,69 % des suffrages et devrait succéder à Neko Hnepeune, qui ne se représentait pas. Dans le nord-est, à Touho, la liste UC-FLNKS conduite par Donald Soekir l’emporte avec 54 % face au maire sortant Alphonse Poinine.
À Hienghène, la liste de l’Union calédonienne menée par Mireille Tjibaou Couhia obtient également la majorité avec 51,9 % des voix. À Yaté, dans le sud de la Grande Terre, la victoire est encore plus nette : la liste indépendantiste conduite par Louis Pidjot Homou recueille près de 60 % des suffrages.
Des scrutins tranchés dans les petites communes
Dans les plus petites communes, où le scrutin municipal se joue traditionnellement en un seul tour, les résultats sont également connus. À Farino, la liste menée par Luté Barbou, issue d’une alliance entre le Rassemblement et les Loyalistes, l’emporte d’extrême justesse avec deux voix d’avance.
À Sarraméa, la liste de Charles Brinon arrive en tête avec 36,4 % des suffrages, reléguant la maire sortante Prisca Holero à la quatrième place. À Bélep, Albert Wahoulo, ancien maire soutenu par l’UC-FLNKS, s’impose avec 49,1 % des voix.
À Moindou enfin, la liste de Léon-Joseph Peyronnet obtient le meilleur score avec 33,2 %. Le conseil municipal devra désormais se réunir pour procéder à l’élection du maire.
Une participation en recul et un paysage politique fragmenté
Ce premier tour a été marqué par une participation de 56,08 %, légèrement supérieure à celle observée en 2020, mais nettement inférieure à celle de 2014. Dans de nombreuses communes, la dispersion des listes et les rivalités internes, notamment au sein du camp indépendantiste, ont contribué à fragmenter le vote.
Dans plusieurs territoires, les maires sortants apparaissent fragilisés. À Dumbéa et au Mont-Dore, les équipes en place ne bénéficient pas d’une avance décisive. À Poindimié, le maire historique Paul Néaoutyine est même devancé par une liste citoyenne menée par Patrick Watanabe.
Ces résultats traduisent un paysage politique en recomposition et un désir de renouvellement exprimé par une partie des électeurs. Le second tour s’annonce donc déterminant pour clarifier les équilibres politiques dans de nombreuses communes calédoniennes.




