À deux semaines de la rentrée scolaire, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie tire la sonnette d’alarme sur le coût des fournitures : selon les enseignes du Grand Nouméa, un même article peut être vendu deux, trois, voire quatre fois plus cher. Pour aider les familles à faire jouer la concurrence, l’exécutif a publié des comparatifs détaillés sur la plateforme Prix.nc.

Chaque année, la liste des fournitures scolaires impose aux parents un véritable parcours du combattant : cahiers, colle, rapporteur, peinture, stylos… et une addition qui grimpe vite. Si certains ménages s’orientent vers la seconde main, d’autres privilégient l’achat neuf, avec désormais un outil officiel pour identifier les meilleurs tarifs.

Pour établir ces comparatifs, les services du gouvernement ont relevé les prix dans neuf commerces et grandes surfaces situés à Nouméa et dans l’agglomération. Sont notamment concernés Bureau Vallée à Magenta, les magasins de l’As de Trèfle (Magenta et Quartier Latin), Nopac Nouméa, Hyper U Païta, les deux Géant (Mall et Sainte-Marie), Hachette Nouvelle-Calédonie, ainsi que la librairie-papeterie de Païta.

Des écarts vertigineux sur les listes du primaire et du secondaire

Le constat est sans appel : pour une liste type du primaire comprenant vingt articles, la facture totale peut aller de 1 145 francs à 3 845 francs selon le lieu d’achat. Des écarts qui se retrouvent jusque dans les produits les plus basiques : un stylo-bille bleu peut coûter 8 francs dans une enseigne et 45 francs dans une autre, tandis qu’une ardoise varie de 90 à 680 francs.

La situation est encore plus lourde pour les collégiens et lycéens, avec près d’une centaine d’articles analysés. Dans ce cas, le coût global peut grimper de 10 960 francs à 25 673 francs. Là encore, des différences très marquées : un Bescherelle est affiché entre 650 et 1 695 francs, et un simple crayon HB peut être vendu de 5 à 75 francs selon le magasin.

Le gouvernement précise toutefois que certaines listes incluent des articles redondants, ce qui permet aux familles de réduire la dépense finale. Un exemple simple : agenda ou cahier de textes, l’un peut suffire, inutile de payer les deux.

Calculatrices : jusqu’à 14 900 francs, un marché sans garde-fou

Autre poste sensible : les calculatrices scientifiques, souvent imposées au collège et au lycée. Les comparatifs officiels montrent des écarts particulièrement frappants. Pour le collège, deux modèles sont évalués entre 1 295 et 5 475 francs. Pour le lycée, trois modèles sont recensés, avec des prix allant de 4 990 à 14 900 francs.

Au-delà de l’outil de comparaison, cette opération met en lumière un problème structurel : sur un marché insulaire où l’importation pèse lourd, la concurrence ne suffit manifestement pas à éviter certains tarifs abusifs. Dans ce contexte, rendre les prix publics apparaît comme une mesure de bon sens, au service des familles, de la transparence et d’une économie plus saine.

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