La 32e édition de la Foire de Koumac et du Nord a ouvert ses portes vendredi 25 septembre, confirmant son statut de grand rendez-vous agricole et populaire de la province Nord. Elevage, productions locales, artisanat, commerce et animations y occupent une place centrale. A Koumac, cette identité rurale est ancienne : la commune est davantage tournée vers l’élevage que vers les cultures, avec près de 7 800 hectares de surface agricole utilisée recensés en 2012 et une quasi-totalité de ces terres consacrée à l’élevage. Plus largement, la province Nord reste l’un des principaux bassins bovins de Nouvelle-Calédonie, avec une agriculture extensive particulièrement présente sur la côte Ouest.

Derrière la fête, la situation économique de l’agriculture calédonienne est cependant fragile. Les professionnels évoquent depuis plusieurs années un recul du foncier agricole, le vieillissement des exploitants, des difficultés de transmission et une rentabilité insuffisante pour certaines filières. En 2025, la Chambre d’agriculture et de la pêche avait d’ailleurs engagé un travail spécifique sur le foncier et l’installation des jeunes agriculteurs, estimant que la baisse de la production locale menaçait à terme la capacité du territoire à renouveler ses exploitations. En province Nord, la collectivité fait du renouvellement des générations et de la modernisation des exploitations deux de ses priorités.

Elevage bovin, renouvellement des exploitants et souveraineté alimentaire

Le poids de l’élevage reste considérable. Les données historiques montrent que la province Nord concentrait déjà près de 44 % du cheptel bovin calédonien au début des années 2000, avec environ 49 000 têtes. La Province estime encore aujourd’hui le cheptel à environ 50 000 bovins et souligne que 98 % des surfaces agricoles utilisées par cette filière sont consacrées à l’élevage extensif. Cette spécialisation constitue un atout économique mais expose aussi les exploitations aux coûts d’alimentation, aux sécheresses, à la disponibilité du foncier et aux dégâts provoqués par certaines espèces envahissantes comme les cerfs.

La Foire de Koumac sert donc autant de vitrine que de rappel des défis auxquels le monde rural doit faire face. La province Nord cherche parallèlement à diversifier les productions, notamment par la formation à l’horticulture, aux vergers ou à de nouvelles techniques culturales, afin de renforcer l’offre locale et de réduire la dépendance aux importations. L’avenir du secteur dépendra surtout de la capacité à attirer de nouveaux exploitants, sécuriser les débouchés, maintenir suffisamment de terres agricoles et améliorer la rentabilité des productions. Derrière les concours d’élevage et les stands de la foire, c’est une question plus large qui se joue : celle de la place que l’agriculture du Nord pourra encore occuper dans l’économie calédonienne au cours des prochaines années.

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