Le gouvernement adopte un budget 2026 de rigueur à 101 milliards de francs
Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a adopté, ce mercredi 7 janvier, son budget primitif pour 2026, arrêté à 101 milliards de francs. Voté à une quasi-unanimité, cet exercice budgétaire se veut à la fois rigoureux et orienté vers la relance, dans un contexte financier fortement contraint et sous étroite dépendance des discussions en cours avec l’État.
Réuni en séance, l’exécutif calédonien a validé ce budget avec une seule abstention. Par rapport à 2025, l’enveloppe progresse de trois milliards de francs, intégrant notamment les 300 millions d’euros de prêts consentis par l’État. Ces financements restent toutefois conditionnés à la mise en œuvre du pacte de refondation et à l’adoption du projet de loi de finances national. Le budget propre de la collectivité s’établit, lui, à 89,5 milliards de francs.
Présenté par Christopher Gygès, membre du gouvernement chargé des finances, le budget 2026 repose sur une ligne claire : contenir les dépenses de fonctionnement tout en maintenant un niveau d’investissement jugé indispensable au redémarrage économique.
Des choix assumés pour préserver l’équilibre financier
Faute d’accord formel de l’État sur un report des remboursements de prêts, l’exécutif a fait le choix d’inscrire ces échéances dans le budget. Cette décision, qualifiée de contrainte mais nécessaire, a conduit à activer plusieurs leviers d’ajustement. Parmi eux figure la suppression de certaines exonérations fiscales accordées à l’État, notamment sur la taxe générale à la consommation, pour un gain estimé à deux milliards de francs. Une mesure qui a suscité des tensions avec Paris, sans toutefois rompre le dialogue institutionnel.
Parallèlement, la maîtrise des dépenses constitue un axe central. La suppression de cent postes vacants limite la progression de la masse salariale à environ 1 %, tandis que les crédits consacrés aux missions et déplacements sont drastiquement réduits. La suppression de deux jours chômés complète ce dispositif d’économies, pour un effort global évalué à plus de trois milliards de francs.
Dans le même temps, le gouvernement revendique une politique d’investissement renforcée. Les crédits dédiés aux équipements progressent de 25 %, atteignant 9,1 milliards de francs. Ils financeront notamment des projets structurants en matière de transports, d’infrastructures hydrauliques et de sécurité. Les secteurs de l’éducation, du sport, de la culture et de la modernisation administrative bénéficient également de moyens supplémentaires.
Le budget prévoit enfin des dotations importantes pour les comptes sociaux, en particulier le Ruamm et les retraites, même si l’exécutif reconnaît que ces financements resteront insuffisants à moyen terme sans réformes de fond.
Le budget primitif 2026 doit désormais être examiné par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, avec un vote attendu d’ici la fin du mois de janvier. Un rendez-vous décisif dans un contexte où la responsabilité budgétaire et la stabilité institutionnelle apparaissent plus que jamais comme des priorités.




