Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie propose de prolonger l’allocation exceptionnelle de maintien dans l’emploi (AME) jusqu’en juillet 2026. Officiellement arrivé à échéance au 31 décembre 2025, ce dispositif avait suscité une forte inquiétude chez les entreprises encore fragilisées, qui redoutaient une vague de licenciements. Un amendement sera présenté ce lundi 2 février, mais il doit encore être voté par le Congrès.

Mise en place pour compenser la fin du chômage partiel spécial exactions, l’AME est présentée par l’exécutif local comme un outil décisif pour éviter la casse sociale. Dans son communiqué, le gouvernement indique que le dispositif a bénéficié à près de 4 000 salariés au sein de 290 entreprises.

Selon lui, l’AME a permis de limiter les ruptures de contrats de travail et de préserver un tissu économique déjà durement touché depuis les violences et l’instabilité.

Une mesure attendue par les entreprises

La fin du dispositif au 31 décembre 2025 avait créé un climat d’inquiétude, notamment dans les milieux patronaux. La CPME, entre autres, avait alerté en ce début d’année sur le risque immédiat : sans aide, certaines entreprises n’auraient eu d’autre choix que de réduire leurs effectifs.

Le gouvernement explique que cette prolongation vise à donner de la visibilité aux structures encore en difficulté, à protéger l’emploi des salariés concernés et à accompagner une reprise économique décrite comme progressive.

Dans les faits, il s’agit d’un choix pragmatique : éviter d’ajouter une crise sociale à une crise économique, alors que le territoire cherche à se stabiliser.

La question centrale : le financement

Reste le nerf de la guerre : comment financer cette prolongation ?

Le gouvernement affirme s’être appuyé sur les données de la Cafat et des services de la direction du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (DTEFP). Selon ses projections, les crédits disponibles du régime chômage permettraient une prorogation jusqu’en juillet 2026 inclus “sans déséquilibre immédiat de trésorerie”.

L’amendement sera présenté aux élus lors de la prochaine séance publique du Congrès, qui devra trancher.

Dans une Nouvelle-Calédonie économiquement fragilisée, ce vote aura une portée très concrète : maintenir l’activité et éviter des licenciements en chaîne, ou laisser les entreprises affronter seules une situation encore loin d’être normalisée.

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