Après six années de travaux et un surcoût de près de 40 %, le Musée de la Nouvelle-Calédonie, rebaptisé “Muz”, doit être livré le 26 février. Mais à quelques jours de l’échéance, un doute majeur plane : faute de budget pour la scénographie, l’établissement pourrait ne pas ouvrir au public.
Un bâtiment prêt, mais sans mise en scène financée
Le chantier, lancé pour moderniser un musée fondé en 1971 dont les installations ne permettaient plus de conserver correctement les œuvres, a connu de multiples contretemps : départ d’un maître d’œuvre, crise sanitaire, défaillances d’entreprises, puis crise insurrectionnelle dans l’archipel. Initialement estimé à 2 milliards de francs, le coût frôle désormais les 4 milliards.
Lors de l’examen du budget 2026 au Congrès, l’élu Philippe Dunoyer a alerté sur l’absence de financement pour la scénographie, élément indispensable à l’accueil du public. Trois scénarios seraient à l’étude : une non-ouverture, une ouverture partielle ou une ouverture complète. À ce stade, aucun arbitrage budgétaire n’est arrêté.
En l’absence du membre du gouvernement en charge de la Culture, Petelo Sao a reconnu que la scénographie n’était “pas encore financée”, tout en évoquant des discussions en cours pour trouver des crédits. Une situation jugée incompréhensible par certains élus, qui redoutent une réception du chantier sans ouverture effective.
Une “marche à blanc” de six mois est de toute façon prévue afin de préparer l’accueil du public. Encore faut-il que les financements nécessaires soient réunis d’ici là. Une réunion budgétaire est annoncée pour tenter de débloquer la situation. Après un chantier long et coûteux, l’enjeu est désormais politique autant que culturel : livrer un musée sans l’ouvrir serait difficilement défendable devant les Calédoniens.




