Le projet d’un viaduc de 4,2 kilomètres destiné à créer un deuxième accès vers le sud du Mont-Dore et Yaté demeure entouré de nombreuses incertitudes. Évalué entre 40 et 60 milliards de francs CFP, l’ouvrage pourrait répondre à un véritable problème d’enclavement, mais son coût et son mode de financement restent loin d’être réglés.
Le Conseil économique, social et environnemental de Nouvelle-Calédonie a choisi de ne pas prendre position définitivement sur le projet. L’institution estime que les études disponibles ne permettent pas encore d’apprécier correctement les conséquences financières, environnementales et techniques d’une telle infrastructure. Le dossier a pris une importance nouvelle après les difficultés de circulation rencontrées dans le Grand Sud. Habitants et entreprises souhaitent disposer d’une liaison alternative capable de sécuriser durablement l’accès à cette partie du territoire.
Jusqu’à 60 milliards de francs CFP
Le principal obstacle demeure financier. Une estimation comprise entre 40 et 60 milliards de francs CFP représente un investissement considérable pour une Nouvelle-Calédonie déjà confrontée à une situation budgétaire et économique extrêmement dégradée. Un tel chantier ne peut donc être engagé sans déterminer précisément qui supporterait son financement.
L’État a par ailleurs indiqué qu’il ne pourrait pas exercer lui-même la maîtrise d’ouvrage. Cette position oblige les institutions calédoniennes à réfléchir à d’autres montages financiers et administratifs. La faisabilité du viaduc dépendra également de son tracé définitif, de ses contraintes techniques et de son impact environnemental.
Un investissement qui doit produire un bénéfice réel
Le besoin d’infrastructures nouvelles est difficilement contestable. Une économie ne peut fonctionner efficacement lorsque certains territoires restent dépendants d’un unique axe particulièrement vulnérable. Un second accès pourrait faciliter les déplacements des salariés, sécuriser les flux de marchandises et rassurer les entreprises implantées dans le Grand Sud.
Mais dans un contexte de ressources publiques limitées, chaque franc investi doit être justifié par une utilité économique et sociale clairement établie. Le projet doit donc être étudié comme un investissement et non comme un simple symbole politique. Si les études démontrent que le viaduc représente la solution la plus efficace, il faudra ensuite bâtir un financement réaliste associant éventuellement plusieurs partenaires publics.
À l’inverse, si des solutions moins coûteuses permettent d’obtenir une sécurité comparable, elles devront également être examinées. Le dossier du Mont-Dore ne pourra donc avancer qu’en conciliant trois impératifs : désenclaver le Sud, soutenir l’activité économique et préserver des finances publiques déjà fortement contraintes.



