Près de deux ans après les violentes émeutes qui ont frappé la Nouvelle-Calédonie en 2024, l’enquête judiciaire visant plusieurs leaders indépendantistes touche à son terme. Les juges d’instruction ont notifié en janvier la fin des investigations aux différentes parties, ouvrant désormais la voie aux réquisitions du parquet.
Nouvelle-Calédonie : l’enquête sur les émeutes entre dans sa phase finale
Cette procédure concerne notamment Christian Tein, figure de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), aujourd’hui président du FLNKS, ainsi qu’une treizaine de personnes mises en examen. L’information judiciaire avait été ouverte après une crise majeure ayant fait 14 morts et causé plus de deux milliards d’euros de dégâts.
La justice soupçonne la CCAT d’avoir joué un rôle central dans les troubles, en organisant une véritable logistique de terrain. Les enquêteurs évoquent un système structuré avec recrutement d’émeutiers, ciblage d’infrastructures économiques et administratives, ainsi que la mise à disposition de moyens matériels comme des armes, des engins incendiaires ou des outils de communication.
Christian Tein est notamment mis en cause pour des faits de destructions de commerces et de bâtiments, ainsi que pour participation à un groupement en vue de préparer des violences graves contre les forces de l’ordre. Il bénéficie toutefois, sur certains chefs, du statut de témoin assisté.
Du côté de la défense, les avocats contestent fermement les accusations. Ils affirment que leurs clients ont mené un combat politique et non violent, dans un contexte de tensions liées à la question institutionnelle de l’archipel.
Les conseils dénoncent également les conditions d’interpellation et de transfert vers l’Hexagone de plusieurs militants indépendantistes, qu’ils jugent contraires aux principes fondamentaux. Ils évoquent un traitement judiciaire exceptionnel et mettent en cause l’attitude de l’État dans la gestion de la crise.
La procédure entre désormais dans une phase décisive. Les parties peuvent formuler leurs observations, avant que le parquet ne prenne ses réquisitions. Il reviendra ensuite aux juges de décider d’un éventuel renvoi devant un tribunal.
Ce dossier hautement sensible reste au cœur des tensions politiques en Nouvelle-Calédonie, où les conséquences des émeutes de 2024 continuent de peser sur la situation institutionnelle et sécuritaire du territoire.




