En Nouvelle-Calédonie, l’accès aux soins visuels est devenu un parcours d’obstacles, conséquence directe d’une pénurie médicale qui s’aggrave. Face à des délais de rendez-vous parfois interminables, les opticiens-lunetiers proposent aujourd’hui une réforme pragmatique : permettre la délivrance de lunettes sur ordonnance d’un médecin généraliste, après un examen réalisé chez un opticien.
Portée par le Syndicat des opticiens-lunetiers de Nouvelle-Calédonie (SOLNC), cette proposition est désormais défendue via une pétition citoyenne déposée sur la plateforme du Conseil économique, social et environnemental (CESE). L’objectif est clair : désengorger une spécialité saturée et éviter que des patients renoncent tout simplement à se soigner.
Une pénurie médicale qui pénalise directement les familles
Le syndicat met en avant une réalité désormais connue sur le territoire : obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste peut prendre des mois, parfois plus d’un semestre. Une situation qui n’est plus marginale mais structurelle, et qui provoque des conséquences concrètes sur la vie quotidienne.
Difficultés scolaires chez les enfants, troubles de la vision non corrigés, risques accrus sur la route, aggravation de pathologies faute de suivi : pour le SOLNC, ce blocage est devenu un enjeu de santé publique. Le territoire ne compterait qu’une dizaine d’ophtalmologistes libéraux, un chiffre déjà faible et qui pourrait encore reculer avec des départs annoncés.
Le syndicat estime qu’aucune solution rapide ne pourra venir de la formation ou du recrutement de nouveaux spécialistes, ces processus nécessitant plusieurs années.
Une solution “immédiate” pour désengorger le système
La réforme proposée par les opticiens vise un public précis : les patients de plus de 16 ans. Le principe serait simple : un médecin généraliste délivrerait une ordonnance, puis l’examen de vue serait réalisé chez un opticien-lunetier, permettant ensuite la délivrance des lunettes.
Le syndicat défend une mesure qu’il présente comme immédiatement applicable, sans surcharge financière pour le système de santé. Les examens de vue réalisés chez les opticiens seraient effectués gratuitement, ce qui éviterait selon eux toute double facturation.
Les opticiens rappellent également que, depuis 2024, la validité des ordonnances de lunettes a été prolongée à cinq ans, permettant déjà certains renouvellements. Mais à leurs yeux, cette évolution ne suffit pas à résoudre durablement l’engorgement des cabinets d’ophtalmologie.
La pétition déposée sur le CESE devra recueillir au moins 400 signatures pour pouvoir être examinée. Une étape symbolique mais stratégique, dans un territoire où les tensions sur l’offre médicale deviennent un sujet majeur, et où la recherche de solutions concrètes ne peut plus attendre.




