Les discussions institutionnelles engagées à Paris sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie se sont prolongées tard dans la nuit de samedi à dimanche au ministère des Outre-mer. Après douze heures d’échanges à huis clos, les délégations calédoniennes ont quitté la rue Oudinot vers 1h30 du matin, avec la perspective d’une reprise dès dimanche, sous l’autorité de l’État, déterminé à stabiliser durablement les institutions.

Cette première séquence, ouverte samedi matin à 9h30 sous l’égide de Naïma Moutchou, constitue le lancement des ateliers thématiques destinés à préciser et sécuriser le cadre institutionnel issu de l’accord de Bougival, désormais formalisé dans le document du 12 juillet 2025. La veille, à l’Élysée, le président de la République avait réaffirmé la volonté de l’État d’avancer, malgré l’absence du FLNKS, qui persiste dans une stratégie de boycott.

Les discussions se sont déroulées dans une grande discrétion. Peu d’éléments ont filtré, mais le cœur des échanges a porté, dans un premier temps, sur le transfert des compétences régaliennes et sur la mise en œuvre concrète des engagements actés l’été dernier.

Compétences régaliennes et cadre républicain

Les délégations présentes ont travaillé à partir du texte signé à Bougival, qui prévoit la création d’un État de Nouvelle-Calédonie au sein de la République. Le document précise que l’État français accompagnera le territoire dans le renforcement progressif de ses capacités dans les domaines régaliens, incluant la diplomatie, la défense, la justice, la sécurité et la monnaie, tout en assurant la formation des élites administratives et institutionnelles.

C’est précisément ce cadre que les participants ont cherché à clarifier et à encadrer, afin d’éviter toute ambiguïté susceptible de fragiliser l’unité nationale. L’objectif affiché par l’État reste clair : garantir la stabilité institutionnelle, la continuité républicaine et l’autorité des institutions, tout en tenant compte des spécificités locales.

Dans une atmosphère jugée plus ouverte qu’en juillet dernier, les délégations ont également abordé des sujets sensibles comme le commerce extérieur ou la notion d État associé, des concepts qui nécessitent, du point de vue de l’État, une extrême rigueur juridique pour éviter toute dérive autonomiste.

Loi organique spéciale et enjeux économiques à venir

L’après-midi et la soirée ont été consacrées à la loi organique spéciale prévue par le document du 12 juillet. Ce texte, situé entre la loi ordinaire et la loi constitutionnelle, doit définir précisément le fonctionnement des institutions calédoniennes et encadrer les nouvelles compétences envisagées. Un chantier juridique majeur, essentiel pour sécuriser l’avenir du territoire.

La suite des discussions, programmée dimanche, doit porter sur le pacte de refondation économique et sur les finances de la Nouvelle-Calédonie. Des sujets décisifs dans un contexte de fragilité économique et budgétaire, où la responsabilité, la rigueur et le soutien de l’État restent indispensables.

En poursuivant ces échanges malgré l’absence des indépendantistes, l’État assume une ligne de fermeté et de continuité. Il s’agit de gouverner, de réformer et de stabiliser, sans se laisser prendre en otage par des stratégies de rupture. La Nouvelle-Calédonie est française, et son avenir institutionnel se construit dans le cadre de la République, de la loi et de l’intérêt général.

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