À Paris, les discussions institutionnelles sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie piétinent. Après deux jours de réunions à huis clos au ministère des Outre-mer, aucun accord politique n’a encore émergé entre les délégations calédoniennes présentes. Résultat : le volet économique, pourtant vital pour un territoire en crise profonde, n’a même pas été abordé, illustrant une fois de plus la paralysie créée par les divisions politiques locales.
Les points de blocage restent inchangés. D’un côté, les revendications indépendantistes autour de l’autodétermination, portées en creux malgré l’absence remarquée du FLNKS, qui a refusé de se rendre à Paris. De l’autre, certaines propositions radicales de transfert accru de compétences vers les provinces, défendues par une frange non-indépendantiste, mais rejetées aussi bien par les indépendantistes que par les modérés. Cette incapacité à trouver un compromis institutionnel empêche toute avancée concrète sur les sujets essentiels.
Or, la situation économique de la Nouvelle-Calédonie est alarmante. En 2024, le PIB du territoire s’est effondré de plus de 13 %, et l’économie locale est aujourd’hui sous perfusion de la solidarité nationale. L’État a pourtant mis sur la table un pacte de refondation économique de 2,2 milliards d’euros, conditionné à des réformes structurelles et à une clarification du cadre institutionnel. Un soutien massif, sans précédent, qui rappelle une réalité que certains refusent encore d’assumer : jamais la Nouvelle-Calédonie n’a été aussi dépendante de la France qu’aujourd’hui.
En liant systématiquement accord économique et accord institutionnel, les responsables politiques calédoniens prennent le risque d’aggraver la crise sociale et productive. L’État est prêt à accompagner, investir et reconstruire, mais il ne peut le faire dans un flou politique permanent. À force de tergiversations et de postures idéologiques, ce sont les Calédoniens eux-mêmes qui paient le prix d’une instabilité entretenue, alors même que l’urgence commande clarté, responsabilité et loyauté envers la République.




