Le Parlement français a définitivement adopté une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Si le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie s’est déjà déclaré favorable à son application sur le territoire, la mise en œuvre de cette mesure reviendra au futur exécutif, dont l’élection est prévue d’ici le 31 juillet. Il devra notamment préciser les modalités d’application locales et les dispositifs d’accompagnement.
Le texte prévoit une entrée en vigueur au 1er septembre 2026 pour les nouveaux comptes, tandis que les plateformes disposeront de quatre mois pour identifier et fermer les comptes détenus par des utilisateurs de moins de 15 ans. Un système de vérification de l’âge devra être mis en place, même si ses modalités techniques restent encore à définir.
Cette réforme intervient alors que l’usage des écrans est particulièrement élevé chez les jeunes Calédoniens. Selon le Baromètre santé jeune 2026, 74 % des adolescents passent au moins deux heures par jour devant un écran pendant leur temps libre. Les autorités sanitaires soulignent également des usages jugés problématiques des réseaux sociaux, susceptibles d’avoir des répercussions sur le sommeil, l’activité physique, la santé mentale et la réussite scolaire.
La Nouvelle-Calédonie a déjà engagé plusieurs actions pour encadrer l’utilisation des outils numériques dans les établissements scolaires. Le dispositif « Portable en pause » est désormais largement déployé dans les collèges, tandis que certains établissements expérimentent des pochettes verrouillées pour empêcher l’utilisation des téléphones durant les cours. Le vice-rectorat développe également un droit à la déconnexion en limitant les notifications des espaces numériques en dehors des horaires scolaires.
Au-delà de l’interdiction des réseaux sociaux, les autorités souhaitent promouvoir un usage plus responsable du numérique. Des établissements pilotes expérimentent de nouvelles pratiques éducatives et les parcours obligatoires « Pix » visent à renforcer les compétences numériques des élèves, notamment en matière de cybersécurité, de protection des données personnelles, de lutte contre le cyberharcèlement et d’éducation aux médias. Le futur gouvernement devra désormais concilier protection des mineurs, accompagnement des familles et maintien des usages pédagogiques du numérique.



