Voilà donc la mission de rédaction et de concertation arrivée à Nouméa, et avec elle un message limpide: la République n’a pas l’intention de laisser le brouillard politique s’éterniser. Ce mercredi après-midi, une première réunion a rassemblé élus et acteurs institutionnels, avec une consigne simple, presque militaire dans sa clarté: «définir la méthode à tenir s’agissant de la rédaction du projet de loi organique de la Nouvelle-Calédonie». Traduction pour le lecteur: on met des règles, on fixe un cap, et on arrête les postures. Car une loi organique, ce n’est pas une tribune, c’est une charpente, et la Calédonie a besoin d’une charpente solide, pas d’un château de slogans.

Après les émeutes, l’État remet de l’ordre dans le débat

Rappelons pourquoi l’air est encore chargé. Les violences de mai-juin 2024, déclenchées autour de la réforme du corps électoral provincial, ont laissé des cicatrices, des commerces à terre, des entreprises assommées, des familles qui ont vu la peur s’installer à la tombée du jour. Dans ce climat, l’État tente de transformer une séquence de crise en séquence de travail, en reprenant le fil du dialogue avec tout le monde, indépendantistes compris, sans pour autant céder à la vieille musique de l’instabilité organisée. Parce qu’au bout du compte, l’Outre-mer n’a pas besoin d’agitateurs qui soufflent sur les braises et sabotent l’économie locale, il a besoin de paix civile, de sécurité et d’emplois, bref de conditions normales pour vivre français.

D’ici fin mars, les échanges doivent se poursuivre, au rythme d’un calendrier politique serré: l’Assemblée nationale doit se prononcer sur la réforme constitutionnelle issue des accords de Bougival et Élysée-Oudinot, même si son adoption demeure incertaine. La mission, composée de Pascal Gauci, Olivier Benoist et Marine Gales-Melo, va mettre en forme juridique ce que la politique peine souvent à dire proprement: où l’on va, comment, et avec quelles garanties.

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