La mort d’un wingfoileur dimanche 22 février, près de la plage du Château Royal à Nouméa, ravive une inquiétude ancienne. Depuis 1980, la Nouvelle-Calédonie a recensé plus de 62 interactions entre l’homme et le requin, dont 24 mortelles. Un chiffre élevé au regard de la population du territoire.

2023, année de rupture

Longtemps, les chasseurs sous-marins ont constitué la majorité des victimes. Mais à partir de 2007, avec l’essor des sports nautiques, le profil des personnes exposées a évolué. Les disciplines de glisse représentent désormais environ un tiers des accidents. Dans la plupart des cas documentés, les requins-bouledogues et les requins-tigres sont mis en cause.

L’année 2023 a marqué un tournant. En moins d’un mois, trois attaques se sont produites à l’Anse-Vata et au Château Royal. Le 29 janvier, une baigneuse est grièvement blessée à moins de 100 mètres du rivage. Quelques jours plus tard, un pratiquant de foil voit sa planche mordue. Le 19 février, un touriste australien meurt après une attaque au Château Royal. Face à cette série dramatique, une campagne de régulation est lancée, aboutissant à l’abattage de 115 requins.

Depuis, des dispositifs de protection, notamment des filets anti-requins sur certaines plages de Nouméa, ont été déployés. Mais le risque persiste sur l’ensemble de la Grande Terre. En 2024, un adolescent a survécu à une morsure à Pouébo. En 2025, un chasseur sous-marin a été tué à Koumac, tandis qu’un pratiquant de paddle a été pris pour cible à Nouville sans être blessé.

Le drame survenu ce 22 février 2026 s’inscrit dans cette longue série. Quarante ans après les premières attaques recensées, la cohabitation entre activités humaines et grands prédateurs marins demeure un défi majeur pour la Nouvelle-Calédonie.

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