Un représentant politique engagé dans les discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie a été reconnu coupable d’agression sexuelle à l’encontre d’une hôtesse de l’air, à l’issue d’un procès tenu à Nouméa. Les faits se sont déroulés lors d’un vol international, dans un contexte d’alcoolisation massive.

Les faits remontent au 1er septembre 2023, à bord d’un vol reliant Nouméa à Singapour. Jean Creugnet, élu de la province Nord affilié à un mouvement indépendantiste, se rendait à Paris avec une délégation politique pour participer à des discussions sensibles sur le futur statut du territoire. Selon plusieurs témoignages concordants, l’intéressé aurait consommé de grandes quantités d’alcool avant et pendant le vol, sollicitant à répétition le personnel navigant.

Durant le trajet, une hôtesse de l’air a été la cible de gestes déplacés, décrits par l’accusation comme des attouchements répétés. Plusieurs témoins ont corroboré ces faits, évoquant un comportement insistant, des gestes inappropriés ainsi qu’une attitude globalement perturbatrice à bord. Le commandant de bord avait d’ailleurs été contraint d’intervenir pour limiter la consommation d’alcool du passager, qui aurait réagi en invoquant son engagement politique.

Une condamnation qui interroge sur l’exemplarité des responsables publics

À la barre, l’élu a contesté toute intention sexuelle, évoquant un trou de mémoire lié à son état d’ébriété et minimisant les faits reprochés. Une ligne de défense rejetée par les experts et la juridiction, qui ont estimé que cette version ne reposait sur aucun fondement médical sérieux. La victime, absente à l’audience, demeure fortement affectée selon son conseil.

Le tribunal correctionnel a finalement reconnu Jean Creugnet coupable d’agression sexuelle. Il a été condamné à une peine de six mois de prison avec sursis, assortie de cinq ans d’inéligibilité, ainsi qu’à une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Une décision lourde de conséquences pour un élu qui n’avait pas démissionné de ses fonctions malgré les poursuites.

Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière les dérives possibles de certains responsables politiques, y compris dans des moments où ils représentent la France à l’étranger. Elle pose également la question du sérieux et de la crédibilité de certains acteurs indépendantistes engagés dans des négociations institutionnelles majeures, alors même que l’exigence d’exemplarité devrait être la règle.

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