Le conseil scientifique du Parc amazonien de Guyane (PAG) apporte son soutien aux habitants du Haut-Maroni et aux associations qui contestent l’action de l’État contre l’orpaillage illégal. Dans une motion adoptée début juin, il estime que les moyens déployés restent insuffisants face aux conséquences environnementales, sanitaires et sociales du phénomène et appelle notamment à renforcer la présence militaire sur les sites clandestins.
Réuni à Papaïchton du 2 au 4 juin, le conseil scientifique s’est penché sur le rejet par le tribunal administratif du recours déposé par deux habitants de Taluen et six associations contre l’État. Les requérants dénonçaient une « carence fautive » des pouvoirs publics dans la lutte contre l’orpaillage illégal. Le conseil scientifique regrette que la justice administrative n’ait pas imposé à l’État une réponse à la hauteur des préjudices subis par les milieux naturels du Haut-Maroni et les populations riveraines. Il rappelle également avoir alerté à plusieurs reprises les autorités sur l’insuffisance des moyens engagés.
189 sites d’orpaillage illégal recensés dans le parc
Le conseil scientifique dénonce également une présentation partielle de certaines de ses anciennes motions par les services de l’État. Il rappelle notamment que ses prises de position de 2009 et 2011 reconnaissaient les résultats obtenus grâce à l’opération Harpie 2, tout en soulignant que ces progrès ne suffisaient pas à atteindre l’objectif d’éradication de l’orpaillage clandestin. En février 2026, 189 sites d’orpaillage illégal ont été recensés dans le Parc amazonien de Guyane, un niveau présenté comme inédit. Sur le Haut-Maroni, plusieurs villages sont directement touchés par la pollution des cours d’eau et la proximité des chantiers clandestins. Le conseil scientifique rappelle notamment les alertes formulées en 2022 sur la dégradation du Maroni, avec une baisse importante de la diversité et de la quantité de poissons. Après le rejet de leur recours, les habitants et associations requérants ont fait appel devant la cour administrative d’appel de Bordeaux, une démarche soutenue par le conseil scientifique.
Une présence militaire renforcée réclamée
Pour Marie Fleury, vice-présidente du conseil scientifique du Parc amazonien, la réponse de l’État doit désormais changer d’échelle. Elle demande davantage de moyens financiers et humains, ainsi qu’une coopération renforcée avec les pays frontaliers. Elle défend surtout l’occupation permanente de certains sites identifiés grâce à la cartographie des chantiers clandestins, avec une présence militaire permettant de contrôler durablement ces secteurs. Cette demande intervient alors que les habitants du Haut-Maroni font face à des difficultés persistantes d’accès à l’eau potable et à une forte dégradation de leur environnement. Pour le conseil scientifique, l’ampleur du phénomène justifie une mobilisation accrue des moyens de l’État afin de protéger les populations, les ressources naturelles et l’intégrité du territoire français.



