Chiens errants, abandons répétés et animaux blessés constituent un problème récurrent dans l’Ouest de la Guyane, où plusieurs communes ne disposent toujours pas du service de fourrière pourtant imposé par la loi. Pour combler ce vide, l’association Tamouchi Pata porte un projet structurant de fourrière-refuge à Mana, avec une ouverture visée à l’horizon 2027.

Sur les routes de Saint-Laurent-du-Maroni, de Mana ou des communes voisines, l’errance animale est devenue une réalité quotidienne. Faute de dispositif public opérationnel, la gestion repose encore largement sur des bénévoles et des associations, dans un territoire pourtant confronté à des enjeux de sécurité routière, de santé publique et de protection de la biodiversité. Une situation qui illustre, une fois encore, les carences persistantes de l’action publique locale dans certaines zones de Guyane.

Une structure légale et pérenne pour combler un vide institutionnel

Créée en avril 2025, l’association Tamouchi Pata a conçu un projet de fourrière-refuge destiné à couvrir l’ensemble de l’Ouest guyanais. Implantée sur un terrain communal de deux hectares à Charvin, sur la commune de Mana, la future structure doit répondre à deux missions distinctes prévues par la loi.

La partie fourrière assurera le ramassage, l’identification et la garde légale des chiens et chats errants pendant le délai réglementaire de quatre jours, en lien avec les polices municipales. En l’absence de propriétaire, les animaux pourront ensuite être orientés vers le refuge, dans la limite des capacités prévues, afin d’être soignés, éduqués et proposés à l’adoption.

Le projet, dont le permis de construire doit être déposé en janvier, prévoit un démarrage des travaux en 2026 et la création de quatre emplois à l’ouverture. La capacité maximale sera volontairement limitée à 49 animaux afin de rester dans un cadre réglementaire allégé, avec un suivi vétérinaire hebdomadaire assuré par une clinique partenaire.

La commune de Mana s’est engagée dans une délégation de service public pour la partie fourrière, inscrivant le dispositif dans une réponse institutionnelle durable. Le projet bénéficie par ailleurs de soutiens financiers publics, notamment via l’Office français de la biodiversité et des fonds européens LEADER.

En revanche, la position de Saint-Laurent-du-Maroni, pourtant la commune la plus peuplée et la plus exposée à l’errance animale, reste attendue. Une absence de décision qui interroge, alors même que la loi impose aux communes de plus de 10 000 habitants de disposer d’un tel service. Un éventuel transfert de compétence à l’échelle intercommunale est évoqué après les prochaines élections municipales.

En apportant une réponse structurée à un problème ancien, ce projet vise à restaurer l’autorité publique sur un sujet trop longtemps laissé au seul bénévolat, tout en améliorant la sécurité, le respect du cadre légal et la protection de l’environnement dans l’Ouest guyanais.

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