Les territoires ultramarins s’imposent comme des laboratoires d’avant-garde dans la gestion des risques sanitaires. Réunis à Lyon du 5 au 7 avril pour le One Health Summit, experts et décideurs mettent en lumière une réalité encore méconnue : les Outre-mer expérimentent depuis des années une approche globale de la santé désormais promue à l’échelle internationale.

Le concept de « One Health » repose sur un principe simple : la santé humaine dépend étroitement de celle des animaux et des écosystèmes. Une approche rendue incontournable par la montée des zoonoses, ces maladies transmissibles de l’animal à l’homme, qui représentent près de 60 % des infections connues, comme le chikungunya, la dengue ou la grippe aviaire.

Des territoires en avance face aux risques sanitaires

Dans les Outre-mer, cette approche n’est pas nouvelle. Dès les années 2000, des réseaux de surveillance intégrés ont été mis en place, notamment aux Antilles avec Caribvet ou dans l’océan Indien avec One Health Océan Indien. Leur objectif : détecter rapidement les menaces sanitaires et coordonner la réponse entre vétérinaires, médecins, laboratoires et autorités.

Ces dispositifs ont déjà démontré leur efficacité. En Guadeloupe, la circulation du virus du Nil occidental a ainsi été identifiée précocement grâce à des animaux « sentinelles ». De même, des systèmes de veille permettent de prévenir l’introduction de maladies comme la peste porcine africaine ou de suivre l’évolution de pathologies comme la leptospirose.

À La Réunion, l’innovation passe aussi par la lutte contre les moustiques vecteurs de maladies. Une technique de stérilisation des moustiques tigres, développée localement, permet aujourd’hui de réduire jusqu’à 90 % la population de femelles responsables de la transmission de virus, sans impact environnemental significatif.

Une réponse globale à des crises globales

Cette avance s’explique par une exposition plus forte aux maladies émergentes, liée à la biodiversité, aux échanges internationaux et aux évolutions environnementales. Les Outre-mer ont ainsi été contraints d’adopter très tôt une vision transversale de la santé, associant recherche scientifique, surveillance animale et politiques publiques.

Aujourd’hui, cette expérience fait référence. Alors que les épidémies se multiplient à l’échelle mondiale, l’approche « One Health » apparaît comme un modèle incontournable pour anticiper et limiter les crises sanitaires.

Loin d’être périphériques, les Outre-mer s’affirment désormais comme des territoires stratégiques dans la compréhension et la gestion des défis sanitaires du XXIe siècle.

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