Une réforme des congés maladie des agents publics déclenche une forte mobilisation dans les territoires ultramarins. En cause : le décret n°2024-641 du 27 juin 2024, qui modifie les conditions de rémunération des fonctionnaires et contractuels de l’État en congé longue maladie. De la Guyane à la Martinique, en passant par la Guadeloupe, La Réunion et Mayotte, syndicats et élus dénoncent une mesure “injuste” qui toucherait directement l’indexation, pourtant destinée à compenser la vie chère.
Le SNUIPP-FSU, très mobilisé dans l’Éducation nationale, estime que cette réforme revient à infliger une “double peine” aux agents ultramarins. Le texte prévoit en effet, en cas d’absence longue durée pour raisons de santé, une réduction de l’indexation salariale, qui pourrait aller de 67% à 100% selon les situations.
Or, pour les syndicats et plusieurs parlementaires ultramarins, cette indexation n’est pas un “bonus” : c’est une compensation historique liée au coût de la vie plus élevé dans les Outre-mer. Y toucher, surtout lorsque l’agent est malade, revient selon eux à créer une discrimination territoriale.
Rétroactivité, saisies sur salaires : une mesure jugée brutale
Le SNUIPP-FSU dénonce également les modalités d’application du décret, notamment une rétroactivité d’un an et la possibilité de saisies sur salaires. Pour le syndicat, cela revient à fragiliser financièrement des agents déjà vulnérables, parfois confrontés à des pathologies lourdes.
La situation est jugée encore plus grave à Mayotte, où l’accès aux soins spécialisés est limité. Dans certains cas, des personnels doivent se déplacer pour se soigner, parfois à leurs frais. Dans ces conditions, réduire la prime liée à la vie chère est perçu comme un non-sens et une injustice supplémentaire.
Face à cette réforme, le syndicat appelle à une mobilisation massive ce mardi 3 février, notamment dans les écoles, avec une exigence claire : l’abrogation des dispositions jugées injustes et le maintien intégral de la prime de vie chère pendant toute la durée des congés longue maladie.
ITR : une revendication supplémentaire à Mayotte
Autre sujet intégré à la mobilisation : l’Indemnité Temporaire de Retraite (ITR), dont la suppression est prévue en 2027. Les syndicats réclament son maintien et demandent qu’elle soit étendue à l’ensemble des fonctionnaires de Mayotte, au nom de l’équité territoriale.
Pendant que les parlementaires ultramarins poursuivent les discussions avec le gouvernement, les agents, eux, choisissent la rue pour se faire entendre. Dans un contexte de vie chère persistante, cette réforme est vécue comme un signal politique très négatif : celui d’un État qui demande toujours plus aux Outre-mer… y compris lorsque ses propres agents tombent malades.




