On entend encore trop souvent la même rengaine : Outre-mer égale zouk, soleil et ambiance. Comme si nos territoires ne pouvaient produire qu’une bande-son exotique destinée à divertir l’Hexagone. Un cliché paresseux que démonte un nouvel épisode de C’est pas ce que tu crois, en mettant en lumière des artistes ultramarins qui refusent l’assignation culturelle et prouvent, au contraire, que la création française se joue aussi et pleinement à La Réunion, en Guadeloupe et bien au-delà.
Première démonstration avec Mapy, violoniste réunionnaise qui s’affranchit des frontières entre “musique classique” et musiques urbaines. Hip-hop, RnB, reggae, soca : son instrument devient un passeport vers tous les styles. Elle rappelle une évidence que certains feignent d’oublier : l’Outre-mer est moderne, connecté, et n’a pas besoin d’autorisation pour être universel. Son succès sur les réseaux sociaux, puis sur scène à l’international, montre surtout une chose : quand le talent est là, la République rayonne.
Autre symbole fort : Axelle Saint-Cirel, chanteuse lyrique guadeloupéenne, qui a marqué les esprits en interprétant La Marseillaise lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques depuis le toit du Grand Palais. Une image puissante, parce qu’elle renverse la vision étriquée de la culture française : le classique n’appartient pas à une élite, ni à une origine, il appartient à la Nation. Et l’Outre-mer n’est pas un “à-côté” de la France : il en est une expression centrale, légitime, éclatante.
Enfin, l’épisode met en avant Fred NLandu, ingénieur du son guadeloupéen, dont le travail irrigue déjà les plus grands courants du rap et du RnB français. Un rôle moins visible, mais stratégique : ce sont ces profils, exigeants et polyvalents, qui construisent l’industrie musicale d’aujourd’hui. Là encore, la réalité est simple : les talents ultramarins ne sont pas “en marge”, ils sont au cœur du moteur culturel français.
Derrière cette démonstration artistique, une question demeure : pourquoi certains continuent-ils à réduire les Outre-mer à une identité unique, folklorisée, comme si la diversité devait rester décorative ? À l’heure où la France cherche de la puissance culturelle et de la cohésion nationale, l’Outre-mer apporte exactement ce dont la République a besoin : du talent, du travail, de l’ambition et une créativité qui parle au monde entier.




