Le Pacifique veut imposer ses réalités aux négociateurs internationaux. Du 5 au 8 octobre, des responsables politiques et spécialistes du climat venus de plusieurs dizaines de pays se retrouveront aux Fidji et aux Tuvalu afin de préparer la COP31. L’objectif des États insulaires est clair : montrer directement aux délégations étrangères les conséquences de la montée du niveau de la mer.

Une partie des discussions doit se dérouler à Nadi, aux Fidji. Plusieurs responsables internationaux sont également attendus aux Tuvalu, l’un des États les plus exposés aux conséquences de la hausse du niveau des océans en raison de sa très faible altitude. Pour les gouvernements insulaires, ces visites permettent de sortir les négociations des salles de conférence et de confronter directement les participants à la situation du terrain.

Le Pacifique en première ligne

Les États insulaires alertent depuis de nombreuses années sur les conséquences du changement climatique. Érosion des côtes, intrusion d’eau salée dans les nappes, fragilisation des infrastructures et multiplication de certains événements météorologiques constituent autant de difficultés auxquelles ils doivent déjà s’adapter. Cette adaptation coûte cher. Routes, réseaux d’eau, logements, ports et installations économiques doivent parfois être renforcés ou déplacés.Les dirigeants de la région réclament donc régulièrement davantage de financements internationaux pour faire face à ces besoins.

Les territoires français également concernés

Ces discussions intéressent directement la France. La Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et la Polynésie française donnent à la République une présence territoriale importante dans cette partie du monde. Ces collectivités sont elles aussi concernées par les problématiques de protection du littoral, de gestion de l’eau et de résistance des infrastructures. La réponse ne peut toutefois pas se limiter à des déclarations internationales.

Les investissements doivent être ciblés vers des projets concrets capables à la fois de protéger les populations et de permettre la poursuite du développement économique. Dans une région où les équilibres stratégiques évoluent rapidement, la présence française dans le Pacifique donne également à Paris une responsabilité particulière. La France peut y défendre une politique combinant adaptation climatique, développement économique et protection de ses territoires.

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