Le financement du permis de conduire via le Compte personnel de formation pourrait être profondément revu à partir de 2026. Lors de l’examen du projet de loi de finances, le Sénat a adopté un amendement visant à restreindre fortement l’accès au permis B par le CPF. Sans supprimer formellement cette possibilité, le message politique est clair : l’accès quasi automatique au permis financé par la formation professionnelle n’est plus considéré comme légitime.
Depuis plusieurs années, le permis de conduire est devenu le premier poste de dépense du CPF. Une évolution qui interroge, alors même que ce dispositif a été conçu à l’origine pour favoriser l’acquisition de compétences professionnelles et l’adaptation au marché du travail. Pour une large partie des bénéficiaires, l’usage du CPF pour le permis relève davantage d’un objectif personnel que d’un réel projet d’insertion ou de reconversion professionnelle.
Les sénateurs à l’origine de l’amendement estiment que cet usage détourne le CPF de sa vocation première. Les données disponibles montrent en effet que l’impact du financement du permis B sur l’emploi reste difficile à démontrer, tandis que son coût pèse lourdement sur les finances de France Compétences.
Un tournant budgétaire assumé
Si la réforme est confirmée à l’issue de la navette parlementaire, l’accès au permis financé par le CPF serait désormais réservé à des publics ciblés. Les demandeurs d’emploi pourraient continuer à en bénéficier, tout comme les candidats aux permis professionnels, notamment dans les secteurs du transport de marchandises ou de voyageurs, où le permis constitue un prérequis indispensable à l’exercice du métier.
Pour la majorité des actifs, le permis B sortirait ainsi du champ des formations accessibles de plein droit via le CPF. Une orientation assumée par le législateur, qui souhaite recentrer les financements sur des formations certifiantes, directement liées à l’employabilité et aux besoins des entreprises.
Cette évolution s’inscrit dans une stratégie budgétaire plus large. Le budget 2026 de France Compétences marque un tournant vers davantage de maîtrise des dépenses et de sélectivité. Dans un contexte de finances publiques sous tension, l’exécutif comme le Parlement entendent mettre fin à ce qu’ils considèrent comme des dérives, au profit d’un usage plus rigoureux et plus efficace des fonds de la formation professionnelle.
La réforme n’est pas encore définitivement adoptée, mais le signal envoyé est sans ambiguïté. Le CPF n’a pas vocation à devenir un guichet universel de financement de projets personnels. Il doit rester un outil au service de l’emploi, de la compétitivité économique et de l’adaptation des travailleurs aux réalités du marché du travail, y compris dans les territoires ultramarins où la mobilité et l’insertion professionnelle constituent des enjeux majeurs.




