Dans un rapport publié le 17 février 2026, la Fondation pour le logement alerte sur l’ampleur du mal-logement dans les départements et régions d’Outre-mer. Plus de 700 000 personnes seraient concernées, soit près de trois habitants sur dix, une proportion sans commune mesure avec l’Hexagone.
Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte concentrent des situations particulièrement préoccupantes : absence de domicile fixe, hébergement chez des tiers, habitat insalubre ou dépourvu d’accès à l’eau et à l’électricité. À cela s’ajoute un phénomène massif de suroccupation, notamment en Guyane et à Mayotte.
Le rapport estime à près de 150 000 le nombre de logements indignes dans les DROM, soit environ 18 % des résidences principales, contre moins de 2 % dans l’Hexagone. Environ 40 000 logements ne disposent d’aucun point d’eau intérieur, une réalité qui illustre l’écart persistant en matière d’infrastructures essentielles.
Une situation sociale aggravée
La Fondation souligne également la progression du nombre de personnes sans-abri. Près de 8 000 personnes seraient aujourd’hui sans domicile fixe dans les territoires ultramarins. À La Réunion, plus de 1 000 enfants n’auraient pas été pris en charge par le dispositif d’hébergement d’urgence en 2024, dont 300 âgés de moins de trois ans.
La pression sur le logement social s’accentue, alors que les loyers du parc privé augmentent. Dans certains cas, les ménages consacrent entre 50 et 80 % de leurs revenus au logement, dans des territoires où la pauvreté est structurellement plus élevée qu’en métropole.
Des propositions pour un plan spécifique Outre-mer
Face à ce constat, la Fondation appelle à un plan de résorption de l’habitat indigne spécifiquement adapté aux réalités ultramarines. Parmi les recommandations figurent la création de 4 000 places supplémentaires d’hébergement d’urgence, la construction prioritaire de logements sociaux et très sociaux, la mobilisation des bâtiments vacants et l’encadrement des loyers.
L’objectif affiché est clair : faire du logement une priorité politique dans les Outre-mer, avec une gouvernance renforcée et une coordination plus efficace entre l’État et les collectivités locales.
Au-delà des chiffres, le rapport met en lumière un enjeu central pour la cohésion sociale et le développement des territoires : garantir à chaque habitant un logement digne, condition indispensable à la stabilité familiale, à l’insertion professionnelle et à l’apaisement durable des tensions sociales.




