Une campagne d’observation aérienne de cent jours débute ce mercredi en Polynésie française pour recenser les grandes espèces marines sur un périmètre de 850 000 km². Pilotée par l’Observatoire Pelagis (CNRS et Université de La Rochelle), l’opération vise à combler un déficit de connaissance en haute mer, là où les données restent rares malgré l’importance stratégique de l’océan pour le territoire.
Un état des lieux en haute mer, là où tout manque encore
Baptisé REMMOA II, le programme doit établir une photographie de la répartition et de l’abondance des mammifères marins comme les dauphins et les cachalots, mais aussi d’autres espèces emblématiques : oiseaux, tortues, raies, requins et grands poissons. Au-delà du simple comptage, l’objectif est de mieux comprendre leurs modes de vie, leur état de conservation et l’impact des variations environnementales, dans un contexte de réchauffement climatique.
Les survols permettront aussi de documenter certaines pressions humaines, comme la pêche, le trafic maritime ou la présence de déchets, afin d’identifier les zones les plus sensibles et celles qui concentrent les enjeux de conservation. Cette nouvelle campagne doit surtout permettre une comparaison directe avec les observations menées en 2011 lors de REMMOA I, pour mesurer d’éventuelles évolutions d’abondance et de distribution des espèces.
En Polynésie, où l’océan représente l’écrasante majorité du territoire, ces résultats sont attendus comme un outil d’aide à la décision. Ils doivent alimenter les politiques publiques de préservation, alors que la collectivité a affiché ces derniers mois une ambition accrue en matière d’aires marines protégées et de surveillance des espaces maritimes.




