Né en Polynésie il y a une quinzaine d’années, le Deck s’impose aujourd’hui comme une signature musicale à part entière. Ce courant mêle reggaeton, électro, dubstep et instruments traditionnels tels que le ukulélé ou le vivo. Figure emblématique de ce mouvement, DJ Harmelo a franchi un cap avec son titre « Tonton », réalisé en collaboration avec El Sueno, qui cumule plus de 2,3 millions de vues sur YouTube.
Un pont assumé entre tradition et modernité
Pour son créateur, le Deck dépasse le simple cadre d’un style musical. Il incarne une identité culturelle portée par la jeunesse polynésienne, capable d’associer modernité et enracinement. Le succès de « Tonton » a permis à ces sonorités de voyager bien au-delà du Pacifique, avec des dates en métropole, aux Antilles et en Nouvelle-Calédonie.
Longtemps perçu comme une musique réservée aux jeunes générations, le Deck fédère désormais un public plus large. L’évolution est notable, selon DJ Harmelo, qui souligne que les réticences initiales ont laissé place à un véritable engouement intergénérationnel.
Les collaborations illustrent cette dynamique. Le groupe traditionnel Kailoa a travaillé avec DJ Harmelo, marquant une première entre univers traditionnel et musique électronique. Cette alliance symbolise la capacité de la scène polynésienne à conjuguer respect des racines et ouverture créative.
D’autres artistes contribuent à cet essor, à l’image du rappeur DNZ, qui fusionne rap et Deck tout en privilégiant la langue tahitienne. Une manière d’affirmer une identité culturelle forte tout en s’inscrivant dans les codes contemporains.
Au-delà de ses propres productions, DJ Harmelo structure la scène locale en organisant notamment le Pacific DJ Contest, destiné à révéler de nouveaux talents et à offrir des perspectives internationales. Influencé aussi bien par les Black Eyed Peas que par les musiques antillaises ou les percussions traditionnelles, il revendique une ambition claire, faire du Deck un courant mondial.
Avec « Tonton », la Polynésie française démontre qu’elle peut exporter une création originale, ancrée dans son patrimoine mais pleinement connectée au monde. Une illustration concrète de la vitalité culturelle des Outre-mer au sein de l’espace français et international.




