Un jeune couple a été condamné à Papeete pour des violences d’une gravité extrême infligées à leur bébé, âgé de seulement quatre mois au moment des faits. Les maltraitances remontent à avril 2019, à Punaauia. L’enfant, prénommée Salomé, a depuis été placée et demeure marquée durablement par ce qu’elle a subi.
À l’époque, le nourrisson présentait un tableau médical glaçant : fractures du crâne, mais aussi du fémur, du tibia et des côtes. Selon les expertises, ces blessures ne pouvaient en aucun cas résulter d’un accident. Le procureur a souligné le risque de séquelles neurologiques durables, lié au traumatisme crânien, et dénoncé un niveau de violence incompatible avec toute notion de « dérapage ».
À l’audience, les parents devaient répondre de privation de soins et d’alimentation. La mère, décrite comme froide, a tenté de minimiser les faits, renvoyant la responsabilité sur le père. Déjà connue de la justice pour des violences et une consommation d’alcool, elle est à la tête d’une famille nombreuse : six enfants au total, dont plusieurs ont été placés, notamment ses jumeaux âgés de huit ans.
Le père, de son côté, a reconnu les faits, affirmant que sa compagne n’était pas responsable. L’enquête a toutefois dressé le portrait d’un environnement familial instable et dangereux, marqué par des violences conjugales, des addictions et un chaos permanent, dans lequel un nourrisson n’avait manifestement aucune chance d’être protégé.
Face à l’horreur des blessures, la partie civile a exprimé une indignation totale. Salomé, aujourd’hui âgée de 7 ans, est à l’abri depuis cinq ans, mais restera atteinte à vie, physiquement et psychologiquement, par les actes commis durant ses premiers mois.
Le tribunal correctionnel a condamné le père à quatre ans de prison ferme avec mandat de dépôt. La mère a écopé de deux ans de prison, dont un an assorti d’un sursis probatoire, avec obligation de soins et un stage de responsabilité parentale. L’autorité parentale a été retirée au père.




