Deux infirmiers libéraux exerçant à Nuku Hiva ont été mis en examen puis placés sous contrôle judiciaire dans une affaire mêlant fraude présumée à la Caisse de prévoyance sociale et atteintes aux personnes. Selon les informations communiquées par la procureure de la République par intérim, le préjudice financier est estimé à près de 19 millions de francs CFP.

L’enquête avait été ouverte en mars 2026 par le parquet de Papeete. Elle portait à la fois sur des soupçons d’escroquerie au détriment de la CPS et sur un signalement du Conseil de l’Ordre des infirmiers de Polynésie française concernant certains soins prodigués à des patients. Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique, l’OCLAESP.

Des soupçons de surfacturation sur trois ans

Les enquêteurs soupçonnent notamment les deux professionnels d’avoir surfacturé des actes médicaux ainsi que des déplacements pendant une période d’environ trois ans. Ces pratiques auraient permis de facturer à la CPS des montants supérieurs à ceux correspondant aux prestations réellement effectuées.

Les perquisitions menées dans le cadre de l’enquête ont par ailleurs conduit à la découverte d’une quantité importante de médicaments. Selon les autorités judiciaires, ces éléments sont susceptibles de caractériser un exercice illégal de la profession de pharmacien.

Des biens saisis dans le cadre de l’enquête

Le juge d’instruction a également ordonné plusieurs saisies au titre des avoirs criminels. Un bien immobilier d’une valeur initiale de 33 millions de francs CFP, qui aurait été acquis pendant la période correspondant aux faits reprochés, a notamment été saisi. Des contrats d’assurance-vie représentant une valeur globale de 6 649 euros ont également fait l’objet d’une mesure de saisie.

L’instruction doit désormais déterminer précisément le rôle de chacun des deux infirmiers et vérifier l’ensemble des faits qui leur sont reprochés. À ce stade de la procédure, ils restent présumés innocents tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée.

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