En Polynésie française, l’augmentation continue des opérations de sauvetage impose une réponse claire : renforcer les moyens de l’État en mer. Avec 519 interventions coordonnées en 2025, soit une hausse de près de 10 % en un an, le centre de coordination de surveillance aéro-maritime de Tahiti (JRCC) arrive à un seuil critique d’activité. La modernisation de ses équipements radio, achevée après deux ans de travaux, marque donc un tournant stratégique pour la sécurité dans le Pacifique.
Placée sous l’autorité directe du Haut-commissariat de la République, cette structure pilote les secours sur une zone immense de plus de 12,5 millions de km², symbole de la responsabilité française dans l’Indopacifique. Les nouvelles installations VHF et MHF, désormais intégrées aux standards modernes, permettent notamment l’usage de l’appel sélectif numérique (ASN) : un simple signal de détresse transmet instantanément la position d’un navire en difficulté. Un gain de temps décisif dans une région où chaque minute compte.
Deux stations radio haute performance ont été déployées à Tahiti et Raiatea, offrant une couverture quasi complète des îles de la Société. Cette montée en gamme technologique illustre un principe fondamental : la souveraineté maritime ne se proclame pas, elle s’exerce par des moyens concrets, adaptés aux réalités géographiques et humaines des Outre-mer. À l’horizon 2026, le dispositif sera étendu aux Marquises, archipel isolé mais stratégique, trop longtemps sous-équipé en infrastructures de sécurité.
Dans un contexte de multiplication des flux maritimes, de plaisance comme de pêche, cette modernisation rappelle une évidence trop souvent oubliée : la présence de l’État en Outre-mer est une condition de sécurité, de stabilité et de crédibilité nationale. Renforcer le JRCC, ce n’est pas seulement sauver des vies, c’est affirmer que la Polynésie française est pleinement intégrée à la France, jusque dans l’exercice quotidien de ses missions régaliennes.




