Polynésie française : Brotherson annonce une invitation de l’Élysée, le dialogue avec Paris s’ouvre enfin

Le président du gouvernement polynésien Moetai Brotherson a confirmé, après une visioconférence avec l’Élysée, qu’une invitation du président de la République aux forces politiques du fenua était attendue en début d’année prochaine. Une avancée qui s’inscrit dans le cadre républicain, loin des gesticulations onusiennes.
C’est depuis New York, où il participait aux travaux de la 4e commission des Nations unies, que Moetai Brotherson a annoncé la nouvelle : l’État français a dit oui à l’ouverture d’un dialogue avec les forces politiques polynésiennes. Le président du gouvernement de Polynésie française a indiqué avoir eu une visioconférence avec l’Élysée, à l’issue de laquelle il a obtenu la confirmation qu’une invitation du président de la République aux différentes formations politiques du fenua interviendrait « certainement » en début d’année prochaine.
Brotherson a précisé vouloir plaider pour que d’autres institutions polynésiennes, comme le SPCPF et le CESEC, soient associées à ces discussions. Sur la question de la participation du Comité des 24 de l’ONU, le président du gouvernement a indiqué que rien ne l’interdirait constitutionnellement, mais que cette présence n’est pas prévue à ce stade. Il souhaite néanmoins en faire la demande à l’Élysée, en précisant qu’il s’agirait d’une présence d’écoute, non d’une prise de parole.
Cette ouverture du dialogue constitue une victoire pour la voie institutionnelle et républicaine que Brotherson dit privilégier. Le président polynésien a d’ailleurs clairement pris ses distances avec les options les plus radicales portées par d’autres, estimant qu’une mission de l’ONU en Polynésie ne se justifierait qu’à un stade avancé du dialogue, et non à son démarrage. Une position de bon sens qui tranche avec les surenchères observées à New York.
Sur la pétition lancée par Oscar Temaru en faveur de l’indépendance, Brotherson a maintenu une ligne constante : il refuse toute autoproclamation ou indépendance imposée sans consultation du peuple polynésien. S’il reconnaît à la pétition une existence formelle, il a indiqué ne pas avoir l’intention de mener campagne pour elle, jugeant avoir « un pays à gouverner ».
Sur le plan intérieur, le président du gouvernement a balayé d’un revers de main les rumeurs de motion de défiance évoquées pour ce jeudi à l’Assemblée de Polynésie, soulignant que de telles spéculations l’accompagnent depuis le lendemain de son élection. Il a également évoqué des entrées prochaines au sein de son parti A Fano tià, sans en préciser le calendrier.
Autre sujet abordé : les perturbations persistantes du réseau internet en Polynésie, liées aux défaillances répétées du câble sous-marin reliant le territoire à Hawaï. Brotherson a rappelé les deux textes présentés à l’Assemblée de Polynésie il y a cinq mois, visant à cartographier les zones sans signal et à autoriser, de manière encadrée, l’arrivée d’opérateurs satellitaires. Ces textes n’ont pas encore été adoptés. Le président a indiqué son intention de les représenter, en espérant cette fois leur adoption, et a précisé que d’ici fin 2027, au moins sept opérateurs satellitaires pourraient intervenir sur le territoire. Il a toutefois tenu à distinguer les problèmes liés aux câbles sous-marins des récentes difficultés d’accès aux messageries électroniques, relevant selon lui de causes différentes.


