Au Centre hospitalier de la Polynésie française (CHPF), à Taaone, la tension est montée d’un cran autour des services de brancardage. Après une mobilisation relayée dans les médias vendredi 31 janvier au matin, la direction de l’établissement a réagi rapidement, affirmant avoir déjà renforcé les effectifs et appelant à un “dialogue constructif” pour éviter une crise ouverte.

Sur le terrain, les brancardiers dénoncent une situation jugée intenable. Les syndicats parlent de “dysfonctionnements quotidiens” et d’un “désarroi” grandissant. Les agents du service du bloc opératoire, notamment, alertent sur des effectifs trop faibles : selon eux, ils ne seraient que huit brancardiers pour assurer une activité exigeante, avec des déplacements permanents et une charge physique importante. Le mot d’ordre affiché lors du rassemblement était clair : “Soutenez-nous”.

Face à cette prise de parole publique, la directrice du CHPF, Hani Teriipaia, a cherché à calmer le jeu. Elle reconnaît un contexte d’absentéisme régulier, mais insiste sur le fait que l’hôpital a pris des mesures importantes afin que la prise en charge des patients ne soit “jamais impactée”.

La direction évoque un renforcement “exceptionnel” des effectifs

Dans sa réponse, la direction met en avant un dispositif renforcé sur plusieurs secteurs. Elle annonce un effectif exceptionnel reposant sur :

  • 21 agents au pôle hospitalisation,
  • 16 agents aux urgences,
  • 8 agents au bloc opératoire.

Elle précise également que le pôle hospitalisation a déjà été renforcé avec deux agents supplémentaires, et que deux nouveaux renforts doivent encore arriver en janvier 2026, portant l’effectif opérationnel à 21 agents.

Objectif affiché : compenser les absences maladie, permettre la prise de congés, et réduire la surcharge de travail pour les agents présents.

La directrice assure que ces points ont déjà été discutés avec les personnels et les représentants syndicaux, et que le dialogue se poursuit. Elle insiste enfin sur la nécessité de “protéger les agents” et de garantir des conditions de travail plus stables.

Mais elle déplore aussi la diffusion “d’informations imprécises”, signe que la direction conteste une partie du récit porté par les syndicats.

Un malaise révélateur des fragilités du service public hospitalier

Cet épisode illustre une réalité plus large : dans les Outre-mer comme dans l’Hexagone, l’hôpital public est soumis à une pression permanente, aggravée par les absences, la difficulté à recruter, et la hausse continue de l’activité.

Or, le brancardage est un maillon essentiel du fonctionnement hospitalier : sans lui, urgences, bloc opératoire et hospitalisation se grippent rapidement. La direction veut éviter l’embrasement, mais la mobilisation des agents montre que le malaise est profond.

Dans un territoire insulaire où l’offre de soins est déjà sous tension, la priorité doit rester la même : garantir la continuité du service public hospitalier, sans sacrifier ceux qui le font tenir au quotidien.

Privacy Preference Center