Nouvelle alerte sur le transport maritime en Polynésie française : le navire Mareva Nui est tombé en panne vendredi 30 janvier à Mataiva, victime d’une avarie moteur. Le bâtiment Hava’i a été dépêché pour lui porter assistance et procéder à son remorquage vers Tahiti. Une nouvelle panne qui réduit encore les capacités de desserte des Tuamotu, déjà mises à mal depuis l’immobilisation de la goélette Dory en septembre.
Selon les informations communiquées, l’opération de remorquage a commencé samedi matin vers 8 heures. Les deux navires ont pris la route de Papeete dans des conditions météorologiques jugées favorables. L’arrivée dans la passe de Papeete était estimée à 5 heures du matin ce dimanche 1er février.
Face à cette opération, une vigilance renforcée a été demandée aux navigateurs présents dans le secteur Mataiva – Tetiaroa – Nord de Tahiti, zone directement concernée par la trajectoire du convoi.
Les autorités ont d’ailleurs précisé les paramètres de navigation, notamment le cap suivi (192°), la vitesse (7,5 nœuds) ainsi qu’une zone de sécurité de trois milles nautiques de chaque côté.
Approvisionnement : un risque concret pour les atolls
Cette panne intervient dans un contexte déjà dégradé. Depuis la mise hors service de la goélette Dory, en panne le 8 septembre entre Makatea et Tetiaroa, les marges de manœuvre se sont réduites. Désormais, pour assurer le fret maritime vers les Tuamotu, il ne reste plus que deux navires en capacité d’assurer la desserte : le Taporo 8 et le Saint-Xavier Maris-Stella IV.
Autrement dit, la continuité logistique repose sur un dispositif minimal. Et dans un territoire insulaire éclaté comme la Polynésie, la moindre avarie peut rapidement devenir un problème majeur : retards, ruptures de stock, hausse des coûts, fragilisation des commerces et difficultés pour les habitants.
Ce nouvel incident rappelle une réalité trop souvent négligée : dans les Outre-mer, les infrastructures de transport ne sont pas un confort, mais une nécessité vitale. Quand la flotte vieillit, quand les navires tombent en panne à répétition, c’est tout un territoire qui se retrouve dépendant d’un fil logistique extrêmement fragile.




