La fermeté de l’État commence à produire des effets concrets en Polynésie française. Pour la première fois sur le territoire, un individu impliqué dans un trafic de stupéfiants a été condamné à une peine de prison ferme pour avoir violé un arrêté préfectoral lui interdisant de se rendre sur une zone de deal. Une décision judiciaire qui marque une étape importante dans la reprise en main de l’ordre public face au narcotrafic.

Depuis l’entrée en vigueur, le 13 juin 2025, de la loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic, le représentant de l’État dispose de nouveaux leviers pour neutraliser les réseaux criminels. En Polynésie française, le haut-commissaire Alexandre Rochatte a pleinement fait usage de ces outils, en prenant onze arrêtés d’interdiction de paraître sur des secteurs identifiés comme des points actifs de trafic, notamment à Faa’a, Punaauia, Mahina et Papeete, en coordination étroite avec le parquet.

Une réponse pénale claire face au récidivisme

C’est dans ce cadre qu’un habitant de Punaauia, déjà connu de la justice pour des faits liés aux stupéfiants, s’est vu notifier début janvier une interdiction formelle de fréquenter un secteur précis de sa commune, reconnu comme lieu de deal. Malgré cette mesure administrative explicite, l’intéressé a été de nouveau repéré sur place le 20 janvier, en situation manifeste de trafic, par la police municipale, avant d’être interpellé par la gendarmerie. Du cannabis a été retrouvé sur lui et il a reconnu sans ambiguïté la violation de l’arrêté, ainsi que la poursuite de ses activités illicites.

Jugé en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Papeete, l’homme a été condamné à deux ans d’emprisonnement, dont six mois avec sursis probatoire assorti d’une obligation de soins. Une interdiction judiciaire de paraître dans la zone concernée pour une durée de deux ans a également été prononcée. La partie ferme de la peine a été immédiatement mise à exécution, traduisant la volonté de ne plus tolérer ni récidive ni défi à l’autorité de l’État.

Cette condamnation constitue un signal fort adressé aux trafiquants : les arrêtés d’interdiction de paraître ne sont pas symboliques, mais bien des instruments opérationnels au service de la sécurité des citoyens. Elle illustre aussi l’efficacité d’une action coordonnée entre le haut-commissariat, les communes, les forces de sécurité intérieure et l’institution judiciaire. Face aux ravages sociaux du narcotrafic, l’État assume pleinement son rôle régalien : protéger les populations, restaurer la tranquillité publique et faire respecter la loi, sans faiblesse ni complaisance.

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