La Polynésie française franchit une nouvelle étape dans la prise en charge du cancer avec l’ouverture d’un laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologiques au sein de l’Institut du Cancer de Polynésie française (ICPF). Inaugurée à Pirae par le président du Pays, cette structure vise à améliorer les diagnostics et à réduire considérablement les délais d’analyse pour les patients du territoire.
Initialement attendu plus tôt, l’équipement a finalement été mis en service avec deux années de retard, en raison de contraintes liées aux travaux et à l’acquisition du matériel. Malgré ces délais, les autorités sanitaires saluent un projet structurant pour le système de santé local. La rénovation des bâtiments, l’installation d’équipements spécialisés ainsi que le recrutement de personnels qualifiés ont constitué les principales étapes de ce chantier mené sur plusieurs années.
Le laboratoire a officiellement démarré ses activités le 19 janvier et réalise désormais les premières analyses de prélèvements. Cette discipline médicale consiste à examiner au microscope des tissus et cellules issus de biopsies ou d’interventions chirurgicales afin de déterminer la nature des lésions et d’orienter les traitements. Jusqu’à présent, une grande partie de ces analyses était envoyée en métropole, entraînant des délais d’attente pouvant atteindre deux mois.
Un outil pour accélérer les diagnostics
Grâce à cette nouvelle structure, les résultats devraient désormais être obtenus en quelques jours, voire quelques semaines selon les cas. Un progrès important pour les patients, car la rapidité du diagnostic constitue un élément clé dans la prise en charge des cancers. Depuis sa mise en service, le laboratoire a déjà traité plus de 1 300 prélèvements de frottis ainsi qu’une trentaine d’examens histologiques.
L’équipe actuelle rassemble environ dix-huit professionnels, dont des médecins spécialisés, des techniciens et du personnel administratif. Les activités doivent encore se développer progressivement avec l’arrivée de nouvelles équipes et l’installation d’équipements supplémentaires. À terme, le laboratoire devrait également pouvoir réaliser sur place certains examens de biologie moléculaire aujourd’hui encore confiés à des laboratoires situés en métropole.
Une coopération avec les structures hospitalières
Implanté à proximité du Centre hospitalier de Polynésie française et des cliniques privées, le laboratoire pourra également intervenir lors d’interventions chirurgicales pour réaliser des examens urgents et fournir un diagnostic rapide. Cette implantation stratégique vise à faciliter la coopération entre les différentes structures de soins du territoire.
Les autorités locales insistent sur le caractère complémentaire de ce nouvel équipement. L’ICPF renforcera notamment ses missions de prévention, de dépistage et d’analyse, tandis que la prise en charge thérapeutique des patients continuera d’être assurée par le CHPF et les établissements privés.
Le projet représente un investissement global de près de 931 millions de francs financé principalement par la Polynésie française, avec un soutien de l’État pour les équipements. Pour les autorités du territoire, cette infrastructure constitue une avancée importante vers une plus grande autonomie sanitaire, en permettant de renforcer les capacités locales de diagnostic et d’améliorer la qualité du suivi médical des patients.




