Les professionnels de la pêche hauturière polynésienne ont tenu une conférence de presse lundi matin au port de Papeete pour exprimer leur vive opposition aux nouvelles restrictions imposées par l’élargissement de la zone de protection stricte de l’aire marine protégée. Ces mesures, qui limitent considérablement leur espace d’intervention en mer, suscitent une exaspération croissante au sein d’une profession déjà confrontée à de multiples défis économiques. Les représentants du secteur n’ont pas hésité à utiliser des termes alarmants, avertissant que la situation pourrait rapidement dégénérer si aucune solution n’était trouvée.

L’extension de cette zone de protection stricte intervient dans un contexte où la réglementation de la pêche en France, hexagonale comme ultramarine, connaît un durcissement progressif. Depuis janvier 2026, l’ensemble des pêcheurs de loisir du territoire national doit se conformer à un enregistrement annuel obligatoire et au respect de quotas précis, notamment pour le bar et le thon. Si cette obligation concerne principalement la pêche récréative et non les professionnels, elle illustre une tendance générale au renforcement du contrôle des activités halieutiques pour préserver les ressources. Les pêcheurs professionnels polynésiens estiment toutefois que les restrictions qui leur sont imposées vont bien au-delà de ce qui est appliqué ailleurs.

Un durcissement général de la réglementation

Les mesures de protection des milieux aquatiques et littoraux visent officiellement à préserver la biodiversité marine et à garantir la durabilité des stocks de poissons face à la pression exercée par environ 2,5 millions de pratiquants de la pêche de loisir en France. Les règles encadrent notamment les tailles minimales de capture, les techniques de pêche autorisées et les périodes d’ouverture. Ces dispositifs, qui s’inscrivent dans le cadre de la politique commune de la pêche au niveau européen pour les professionnels, s’appliquent désormais de manière renforcée dans plusieurs territoires ultramarins où les enjeux de préservation des écosystèmes sont particulièrement sensibles.

Pour les professionnels de la pêche hauturière polynésienne, l’équation économique devient intenable. L’élargissement de la zone de protection stricte réduit mécaniquement les zones de travail et augmente les coûts d’exploitation, les obligeant à s’éloigner davantage pour pratiquer leur activité. Cette situation menace directement la rentabilité des entreprises de pêche et l’emploi dans un secteur déjà fragilisé par la concurrence internationale et les fluctuations du marché. Les représentants de la profession appellent les autorités locales et nationales à trouver un équilibre entre impératifs environnementaux et viabilité économique d’une filière qui contribue à l’approvisionnement alimentaire et à l’économie du territoire.

Une équation économique intenable pour les pêcheurs

La tension exprimée lors de cette conférence de presse traduit un malaise profond dans le secteur de la pêche polynésienne, qui s’estime insuffisamment consulté dans la définition des politiques de gestion marine. Les professionnels réclament désormais un dialogue constructif avec les pouvoirs publics et une révision des modalités d’application de l’aire marine protégée afin de concilier protection de l’environnement et maintien d’une activité économique indispensable à la vie du territoire.

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